mercredi 6 janvier 2016

Que reste-t-il d'Avatar ?

 

Buzz : Si l’on reparle d’Avatar ces temps-ci dans la presse, c’est surtout pour savoir si son record historique au box-office mondial va tomber. Star Wars Le Réveil de la Force vient de dépasser les 750 millions de dollars aux États-Unis et reprend ainsi le record détenu jusqu’ici par le film de James Cameron.

 
Au niveau mondial cela prendra sûrement plus longtemps, peut-être même qu’Avatar gardera sa place sur le podium. Mais la sortie imminente de Star Wars en Chine, et la vitesse avec laquelle le film continue d’engranger les entrées, laissent penser que les 2,7 milliards d’Avatar sont à sa portée.

Battu ou non, Avatar reste un Ovni dans ce classement. Le Top 20 des plus gros succès du cinéma laisse apparaitre un mélange de suites de franchises à succès et de films résolument cultes. Avatar appartient-il à l’une de ces catégories ? Pas la première c’est sûr, puisqu’il s’agit d’un film totalement original. Mais peut-on parler de film culte ?

Dans les limbes
 
Sans entrer dans l’insoluble débat sur la définition du culte, quelques règles peuvent être établies. Un film culte est une œuvre dont des personnages, des acteurs, des séquences, le scénario et très souvent la musique sont entrées dans la culture populaire. Nous pouvons presque tous fredonner le générique des Dents de la mer ou le My Heart will go on de Titanic. Nous pouvons presque tous citer les noms de Dark Vador, Marty McFly ou Michael Corleone. La plupart d’entre nous se souviennent de Moïse ouvrant la Mer Rouge, de Rhett Butler embrassant Scarlett O'Hara, de ce petit garçon sur un vélo volant devant la lune, de Jack et Rose, les bras ouverts, se proclamant les rois du monde. Et l’on se souviendra toujours de cette scène d’Avatar où... où quoi déjà ?

Faites le test autour de vous, demandez à vos connaissances de vous raconter Avatar. Demandez-leur de vous citer les acteurs qui jouent dans le film ou pire, le nom de leurs personnages. Essayez de les faire vous fredonner la musique ou de vous en raconter les scènes qui les ont le plus marqués. Vous obtiendrez des "Euh… oui ça se passe sur une planète avec des gens bleues et des militaires et…" ou des "Mais si c’est avec cet acteur qui joue dans …". Le double digital de Zoe Saldana a brouillé les pistes, et le second rôle de la merveilleuse Sigourney Weaver restera comme une parenthèse dans sa carrière.

Pour la culture geek, il y a des signes qui ne trompent pas. Combien de déguisements Avatar voit-on encore dans les conventions du type Comic-Con ou TGS ? Vend-on encore des jouets, des maquettes, des posters dans les boutiques spécialisées du Quartier latin ?

Il n’y a guère que les mises à jour régulières de James Cameron, qui prépare depuis quelques années déjà les trois suites du film (oui trois, rien que ça), et l’annonce d’une future attraction dans l’un des parcs Disney de Floride pour maintenir le film dans les mémoires. Les plus cyniques diront même que son seul héritage fut cette pléiade de mauvaises conversions 3D de films qui n’étaient pas faits pour ça et les 3€ supplémentaires sur  le prix du ticket.
 
Retour en force

Il serait toutefois bien imprudent d’enterrer trop vite Avatar. D’abord parce que la 20th Century Fox, vexée d’avoir perdu Star Wars au profit de la concurrence, mettra toute sa puissance marketing au service des films dans l’espoir de transformer Avatar en une vraie franchise cinématographique. Ensuite et surtout parce que James Cameron est un véritable phœnix créatif, une sorte de Steve Jobs du cinéma,  qui revient toujours quand on ne l’attend pas, et toujours plus fort.

Après l’incroyable succès de Titanic, il n’avait presque plus donné signe de vie pendant onze ans. On le donnait pour mort, incapable de remonter sur selle après avoir atteint le sommet créatif et financier de sa carrière. Il revient avec Avatar, un film de science-fiction d’apparence beaucoup moins universel que la love story du Titanic mais qui remportera pourtant un succès supérieur à son aîné, profitant certes à plein de la mode des films en 3D, mais réussissant également une énième fois à réunir toutes les générations autour de son œuvre.

Alors si aujourd’hui il semble être le seul à s’attacher encore à son Avatar, il ne fait aucun doute que quand il reviendra, il reviendra très fort. L’attente des spectateurs sera-t-elle aussi forte que celle d’un nouveau Star Wars ? Probablement pas. Mais Cameron reste capable de sortir de son chapeau un nouveau tour de magie créatif qui nous émerveillera et fera définitivement entrer Avatar dans la petite famille des films cultes. Par la même occasion, il nous fera, encore une fois, nous sentir bien ridicule d’avoir douté de lui.
L'Oncle Owen
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