vendredi 3 juin 2016

101 Nanars : inénarrable anthologie des films ratés

A lire : Critique de cinoche qui n'a pas sa plume dans sa poche, François Forestier est amateur de grands films mais ne rechigne pas à se mater des nanars. Plus c'est raté, mieux c'est ! Il en a tiré une anthologie publiée en 1996, qui a été mise à jour cette année sous le titre 101 Nanars



Chaque cinéphile a été confronté aux nanars. Il y a ceux dont on pressentait la nullité, ceux dont le ratage a été élevé au rang d'art au point de devenir cultes (Plan 9 from Outer Space) et puis il y a les inattendus : d'abord perçus comme une déception, ils deviennent des compagnons de déroute que l'on aime mater et remater avec un plaisir pervers. François Forestier s'est pris de passion pour ces panouilles kitschouilles qui font rire malgré elles. La mise en scène est plate, les dialogues consternants, les décors invraisemblables et les acteurs mauvais. Bref, un régal qui repose des chefs-d'oeuvre enchaînés dans les salles obscures.

Dans ce recueil forcément non exhaustif, le critique rassemble 101 nanars donc, qu'il regroupe en douze chapitres, dont le dernier est consacré à son "favori" : le Graal du grave de chez grave. Il y a un chapitre sur les péplums (autant de films de toge à tèj), un autre sur les oeuvres érotiques (le cul est souvent cul-cul), un troisième sur l'espionnage (des films qui auraient mieux fait de rester secrets), etc. Il ne faut pas croire que Forestier s'attaque seulement aux séries Z italiennes ou aux daubes américaines. Le bonhomme un brin anar n'hésite pas à faire feu sur les grosses productions hollywoodiennes (Les Dix Commandements) et même sur les oeuvres de maîtres : Blow Up, Zabriskie Point (décidément, il n'aime pas Antonioni), Mon Oncle d'Amérique ou Pas de printemps pour Marnie ! Là, le cinéphile, après avoir bien ri avec l'auteur sur Maciste contre les Hommes de pierre, peut s'étouffer d'indignation. Pas Hitchcock, merde !



Et si ! Forestier hache menu et taille dans le vif. Il ne respecte rien mais il le fait avec un tel style, un tel humour, une telle mauvaise foi aussi, qu'on lui pardonne. Car qu'est-ce qu'on se marre quand l'anar raconte un nanar. Il donne presque envie de le voir. 

François Forestier : 101 Nanars. Une anthologie du cinéma ahurissant mais hilarant (éditions Denoël).

Anderton


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