jeudi 16 juin 2016

John Huston et la littérature : collaborations avec Sartre et Miller (4/4)

Artistes : Dans le cadre de la rétrospective John Huston à la Cinémathèque, revenons sur les films du cinéaste adaptées d'oeuvres littéraires. Pour cette quatrième et dernière partie, nous abordons ses collaborations avec deux célèbres écrivains.




The Misfits (1960) 
Au départ, c’est Arthur Miller, compagnon de Marilyn Monroe, qui propose à John Huston, sur la base d’une nouvelle, de travailler ensemble. Réflexion sur la vie et la mort, qui a pour cadre les éleveurs de chevaux du Nevada, The Misfits peut être considéré comme un western terminal. Par son sujet, donc, mais aussi par son destin – ce sera le dernier film de Clark Gable et de Marilyn Monroe – et par ses à-côtés – Arthur Miller et Marilyn Monroe se sépareront pendant le tournage, par ailleurs marqué par de nombreuses interruptions dues aux problèmes de santé physique et psychologique de la star et de son partenaire Montgomery Clift. Malgré d’indéniables beautés formelles, les dialogues du film restent trop marqués par la patte littéraire d’Arthur Miller, et John Huston semble finalement peu intéressé par l’ambiance mortifère qui se dégage du tournage.  Et pourtant, les mustangs... 



Freud, passions secrètes (Freud The Secret Passion, 1962) 
Etrange accouplement que celui de Jean-Paul Sartre et de John Huston, peut-être à mettre sur le compte de leur sens commun à tous deux, celui de l’ironie ? En tout cas, c’est le cinéaste qui propose en mai 1958 à l’écrivain de lui rédiger un scénario sur Freud. Qu’il accepte, moins pour des raisons artistiques que pour des raisons commerciales... En novembre 1959, le scénario de Sartre est finalement abandonné, les deux hommes, tout en s’estimant, ne se comprenant pas. "Il avait tellement d’humour, aucune vanité, aucune pose. Mais il n’arrêtait ni de parler ni d’écrire !" D’où un script – publié en 1984 chez Gallimard – pour un biopic classique du style Warner des années 30 d’une durée de... 5 heures ! Si John Huston en conserve des éléments, Sartre refusera d’être crédité au générique. Reste un film certes mutilé, mais passionnant de bout en bout, dominé par l’interprétation de Montgomery Clift dans le rôle-titre, l’inventivité de la mise en scène de John Huston, et un splendide noir et blanc de Douglas Slocombe.



La plupart des citations de John Huston incluses dans notre dossier sont extraites de l’ouvrage de Patrick Brion consacré au cinéaste, paru aux éditions de La Martinière (2003).

A lire aussi :
John Huston et la littérature (1/4) : adapter des oeuvres réputées inadaptables.
John Huston et la littérature (2/4) : les grands films tirés d'œuvres mineures, ou mal connues en France.
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