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lundi 10 décembre 2007

Deadwood et Into the West : westerns pas ternes

En DVD – Série TV : L’appel des grandes étendues sauvages, la richesse à portée de pioche, une nouvelle vie sans les pesanteurs du Vieux Continent… Deux séries très différentes, éditées en DVD par Paramount Home Entertainment, proposent leur vision du Far West.
Go West !
Produite par Steven Spielberg, Into The West, dont voici le générique, s’intéresse à la destinée de deux familles américaines à la moitié du 19e siècle : l’une est originaire de Virginie ; l’autre fait partie de la tribu Lakota. Au sein de chaque communauté, les tenants du repli identitaire s’affrontent aux aventuriers, ceux prêts à aller voir ailleurs, à découvrir l’autre. Jacob Wheeler choisit de partir : il devient trappeur et prend pour épouse Thunder Heart Woman. Les deux familles se rencontrent, s’unissent, se séparent, se retrouvent…
Entre Danse avec Les Loups et Dynastie, cette grande fresque est traversée par un souffle épique qui emporte le spectateur. Le souffle d’un mouvement en marche que rien ne semble arrêter. La figure du cercle est omniprésente dans la série : la famille de Virginie s’appelle Wheeler et habite Wheelertown. Elle fabrique des roues (wheels) de père en fils. Et quand l’un d’eux (Jacob) quitte cette vie rou(e)tinière, c’est pour gagner l’Ouest en carriole puis en chariot. Roues encore.
Chez les Lakota aussi, le cercle domine mais il s’agit du cycle immuable des saisons, des traditions, bref, de la vie. Le "totem" de la tribu est d’ailleurs placé au centre d’un gigantesque cercle de pierres. Un cercle de pierres qui ne résistera pas à celui de fer, qui entoure les roues des chariots venus de l’Est. Car on le sait, rien n’arrête le progrès.
Une belle série donc, aux paysages somptueux dans lesquels évoluent des personnages attachants. Les interprètes sont formidables, Matthew Settle (Jacob Wheeler) et Keri Russell en tête. On croise d’ailleurs quelques "védettes", toutes impeccables : Josh Brolin, Tom Berenger, Beau Bridges, Matthew Modine, Keith Carradine…
Bordel de frontière
Avec Deadwood, oubliez le mouvement. L’action s’enlise dans la boue des rues d’une ville de colons, dans le Dakota du Sud. Deadwood. Principales attractions : ses saloons-bordels. Oubliez les grands idéaux, le souffle de l’aventure. Ici, la corruption règne. On tue, on baise, on arnaque. Le tout sous l’emprise d’Al Swearengen (l’immense Ian McShane), le parrain local qui propose putes et came aux chercheurs d’or crasseux qui s’échouent dans son établissement. Le bonhomme, qui a toujours un fuck ou un cocksucker à la bouche (cf cette fuckin' compil), fait tout son possible pour que Deadwood demeure oublié des autorités. C’est mieux pour son business.
Face à lui se dresse Seth Bullock (Timothy Olyphant). Un ex-shérif devenu épicier mais qui face à tant de débauches, ragrafera l’étoile au revers de sa veste. Lui, il veut instaurer un peu d’ordre dans ce foutoir de la Frontière. Il incarne la figure typique de l’Ouest américain, le justicier des bons vieux westerns d’antan. Même s’il se trimballe quelques casseroles…
Deadwood est une série géniale signée HBO. Comme Rome et Les Sopranos, elle montre l’envers du mythe. Si les décors et la photo sont soignés, ils ne sont là que pour servir une galerie de personnages complexes, torturés. Beaucoup de salauds, oui, mais qui gardent encore une poussière d’humanité sur leurs fringues souillés.
Et là, vous vous dites : "C’est bien gentil tout ça mais quel coffret choisir ? Into The West ou une des saisons de Deadwood ?" Prenez les deux, c’est Noël.
Anderton

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