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jeudi 28 février 2008

Main Basse sur la Ville : voir Naples et construire

En DVD : Deux éditeurs vidéo ont la bonne idée de (res)sortir en DVD quelques perles du cinéma italien et on ne va pas se priver pour vous en parler. Aujourd’hui, honneur aux éditions Montparnasse qui adaptent leur collection petit prix (10 euros la galette) aux chef-d’œuvres transalpins. Parmi lesquels : Main Basse sur la Ville (1963) de Francesco Rosi. La ville en question est celle qui a vu naître le cinéaste : Naples.
L’histoire en bref : à la veille des élections municipales, un immeuble délabré du centre-ville s’effondre alors qu’un projet immobilier est en train de se développer dans la zone. Un enfant meurt dans les décombres. Au conseil municipal, sous la pression de la gauche et du centre, la majorité de droite accepte de lancer une enquête. Une enquête embarrassante puisque c’est un membre de la majorité, l’entrepreneur Edoardo Nottola (Rod Steiger), qui est au cœur de l’affaire.

Destruction et collusions
Vous l’avez compris, Main Basse sur la Ville est un film éminemment engagé. Rosi s’attache à dénoncer les collusions douteuses entre les politiciens et les entrepreneurs à travers un cas très concret : celui de la spéculation immobilière. Ici, pas d’enquête à rebondissements et de révélations chocs. On sait dès le départ qui trempe dans quoi et le réalisateur va le démontrer étape par étape, décortiquant au passage les mécanismes de ces trafics d’influence et d’intérêts.
Le film alterne scènes réalistes dignes d’un documentaire et séquences aux plans soignés, très cinématographiques. Il y a quelques longueurs mais les scènes de joutes oratoires au sein du conseil municipal sont captivantes. Rod Steiger interprète un promoteur-politicien rongé par l’angoisse de devoir mettre un terme à l’une de ses deux carrières. Sa prestation impeccable, très actor’s studio, est pourtant, à mes yeux, éclipsée par celle de Carlo Fermariello, qui incarne le véhément opposant de gauche. Sa manière de balancer des scuds vocaux tout en agitant les mains est tout bonnement fascinante. C’est simple, il accapare toute l’attention à chaque fois qu’il apparaît à l’écran.
Le sujet du film peut sembler éloigné de nos préoccupations actuelles, c’est tout le contraire. Les rapports entre monde des affaires et sphère politique, les petits compromis entre partis, tout ça reste d’actualité. Surtout à quelques semaines des municipales…
PS : à noter que le film existe également en coffret collector.

Anderton

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