Dossier

lundi 11 février 2013

Daniel Toscan du Plantier, dix ans déjà


Artistes : Pendant plus de vingt ans, le cinéma français a été incarné par une moustache frétillante surmontée d'une paire d'yeux rieurs. Le visage de Daniel Toscan du Plantier. Chez Gaumont, Unifrance et à l'Académie des César, l'homme a partagé avec passion son amour pour le 7e art. Elégant, raffiné, Toscan a su promouvoir auprès du plus grand nombre un cinéma intelligent, exigeant parfois, mais jamais élitiste. Il a produit Bresson, Fellini, Greenaway mais aussi Losey, dont le Don Giovanni reste une des plus magistrales adaptations cinématographiques d'opéra, et bien sûr, Pialat.

Comment imaginer duo plus improbable que celui constitué par le réalisateur bourru et le producteur volubile ? De leur collaboration sont pourtant nés certains des plus grands films de Pialat : A nos Amours, qui révèle Sandrine Bonnaire ; Police ; Sous le Soleil de Satan, et sa Palme d'or qui suscite applaudissements et sifflets auxquels Pialat répondra par un célèbre : "Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus" (voir la vidéo) ; Van Gogh...

Malgré sa stature et sa voix aristocratiques, Daniel Toscan du Plantier savait aussi déconner. Avec Alain Chabat, lors d'une émission consacrée au cinéma sur Canal+, ou Michel Blanc, dont il produit Grosse Fatigue. Sa verve nous manque, son enthousiasme aussi, ses choix artistiques surtout. Daniel Toscan du Plantier est mort le 11 février 2003 pendant le Festival de Berlin. Le 7e art chevillé au corps.

Anderton

 
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