jeudi 12 juin 2014

La vie de château : un bijou pétillant en Blu-ray


En DVD et Blu-ray : Prix Louis Delluc 1966 - devant Pierrot le fou s'il vous plaît (et Godard approuva complètement le verdict du jury) -, La vie de château a fait l'objet d'une somptueuse restauration qui prend tout son éclat dans une belle édition Blu-ray signée TF1 Vidéo. L'occasion de (re)découvrir un bijou de comédie à la française.
 
Entre pommiers en fleurs et château délabré, Marie s'ennuie et rêve de Paris. Tout l'inverse de son châtelain de mari, Jérôme, qui aspire à jouir de sa retraite bucolique. Marie soupire, fulmine, menace de tout plaquer. C'est alors qu'elle découvre qu'un mystérieux individu fréquente la cave de la bâtisse... Stop ! En dire plus serait un crime, tant le récit, comme hors du temps, prend la tangente avant de recoller à l'Histoire, comme pour mieux s'en amuser.
 
Pour son premier film, Jean-Paul Rappeneau fait mouche. Il impose un univers enlevé, joyeux, irrévérencieux qu'il filme avec beaucoup d'élégance. Du cinéma très français pour ce jeune turc, qui surfe alors sur la Nouvelle Vague aux côtés de Louis Malle, Philippe de Broca, Alain Cavalier ou Claude Sautet. Ces deux derniers compères lui ont d'ailleurs filé un coup de main pour pondre le scénario, dont les dialogues qui fusent ont été ciselés par Daniel Boulanger - lequel a beaucoup travaillé avec de Broca. Une affaire de famille donc.
 
Anciens et jeunots
 
Devant la caméra : Catherine Deneuve, virevoltante, face à Philippe Noiret, tout en bonhommie cachant bien son jeu. Ces deux étoiles montantes, accompagnées d'Henri Garcin en quasi-jeune premier, côtoient deux monstres sacrés : le tonitruant Pierre Brasseur et l'éclatante Mary Marquet. C'est un bonheur de voir ces cinq-là se donner la réplique, dans des styles très différents mais qui fonctionnent de concert. Et puis, cinéma français oblige, il y a quelques seconds rôles pas piqués des hannetons, dont Paul Le Person et Marc Dudicourt.  
 
Ajoutez à cette symphonie, une sublime partition de Michel Legrand, qui est parvenu à "caser" ses mélodies au sein de ce feu d'artifice verbal et vous avez un spectacle total, à ne manquer sous aucun prétexte. D'autant que TF1 Vidéo a mis les petits plats dans les grands en proposant une gamme de bonus épatants : c'est un bonheur de d'écouter un Philippe Noiret âgé se souvenir du film, ou d'écouter la grande Catherine. Et que dire de l'entretien accordé par Rappeneau ! Yeux rieurs, sourire gourmand, le cinéaste est volubile : il revient en détail sur son entrée dans le 7e art, avec moults anecdotes et imitations. Cela file autant la pêche que le film !
 
Anderton
 
 
 

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