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jeudi 16 avril 2015

Gaumont 120 : Poiré, Marceau, Pialat et marguerite - INTERVIEWS

 
Buzz : A l'occasion du 120e anniversaire de Gaumont, marqué par une grande exposition, Cineblogywood a demandé à des professionnels du 7e art d'évoquer un souvenir lié à la firme à la marguerite. Après Jean-Paul Salomé et Frédéric Krebs, ce sont trois journalistes qui s'expriment.
 

Adrien Gombeaud, journaliste cinéma - Les Echos, Positif, Vanity Fair
La Gaumont, pour moi, ce sont d'abord des souvenirs de salles. Les salles Gaumont, avant les multiplex, représentent pour moi une forme de luxe, un confort accessible au plus grand nombre. Je suis Parisien et ma mémoire de spectateur est liée a une géographie de la Gaumont : Gaumont Opéra, Gaumont Champs-Elysées, Gaumont Parnasse... Quelques Gaumont fantômes aussi : le Grand Ecran Italie. J'aurais aimé connaître le Gaumont Palace [voir quelques photos, NDLR] plutôt que le Casto de la Place Clichy !
Ensuite il y a le logo. C'est toujours émouvant de voir apparaître la marguerite, juste après le départ du Petit Mineur. Cela nous dit que le spectacle qui va suivre s'inscrit dans une histoire. Que le film n'arrive pas de rien. Après, j'ai plus de mal à définir ce que serait le "film Gaumont" typique. Je ne sais pas s'il y a un style Gaumont comme on peut parler d'une esthétique MGM ou Shaw Brothers.
J'associe volontiers la Gaumont à Jean Gabin. D'abord parce que de Renoir à Audiard, Gabin a tourné pour eux de beaux succès qui sont aujourd'hui de grands classiques. Mais surtout parce que Gabin comme Gaumont est une incarnation sur grand écran d'un pays et de son cinéma : la France. Aujourd'hui, on n'associe plus une vedette ou un cinéaste à un studio ou même à son pays. L'exception, c'est peut-être Sophie Marceau. La Boum, c'est un vrai film Gaumont. Je ne sais pas si on naît dans les choux ou dans les roses, mais au cinéma, Sophie Marceau est née dans une marguerite !
 
Christophe Narbonne, critique cinéma - Première
La Gaumont, c'est ZE major française avec Pathé. Le logo avec la marguerite et la musique synthé qui l'accompagnait dans les années 70-80 sont mythiques pour des générations de spectateurs. C'est évidemment le producteur Alain Poiré qui symbolise le mieux Gaumont, avec son influence qui s'étend sur quatre ou cinq décennies. Il a accompagné Lautner, Robert, Veber, puis la génération des années 80 incarnée par Luc Besson. Soit tout un pan du cinéma populaire (surtout comique), qui a marqué durablement la production française.

Axel Cadieux, journaliste - SoFilm
Pour moi, la Gaumont, c'est lié à A nos amours. Et en particulier ce plan silencieux et très court de Maurice Pialat, qui observe Sandrine Bonnaire dans le bus avant qu'elle s'envole pour San Diego. Il y a un amour dans ce regard qui rétrospectivement irradie tout le film. 
 
Travis Bickle

 
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