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samedi 11 avril 2015

Marathon de Paris : quand le running fait son cinéma



Buzz : Je le sais, ami(e) cinéphile. T’en peux plus du running. Tes potes runners te pourrissent ton mur Facebook et ta LT Twitter, avec leurs histoires de plan d’entraînement, leur vocabulaire cabalistique, tout en acronyme (VMA, EF, SL, PPG, RP, AS42... et puis quoi encore ? Ils se croient dans l’armée américaine, ou quoi ?), leurs photos en short et chaussettes montantes de leur dernière course à la con. 


Car parlons-en des courses : ils bloquent toute la ville pendant toute la journée, et t’es obligé(e) de prendre les transports. Mais va prendre le métro après le marathon de Paris. Imagine la ligne 13, aux heures de pointe, un jour de grève, sous la canicule de 2003 : t’auras une idée de l’odeur dans le wagon. Une horreur.

C’est qu’ils te donneraient presque mauvaise conscience, les bougres, bien affûtés sur leur putain de photo de profil. Bordel, ta bière n’a plus la même saveur, maintenant. Tu regardes ton bide, tu vois ton teint blême dans le miroir (ben ouais, c’est pas au ciné que tu vas prendre de jolies couleurs, à part peut-être quelques nuances de gris), et tu secoues la tête d’un air dépité. Demain, tu t’y mets ? Ben tiens ! J’y crois pas une seconde! Demain, tu boiras l’apéro, et tu fileras t’enfermer dans une salle obscure pour mater le Ryan Gosling, c’est quand même nettement moins crevant. 

Sache-le, le ciné s’est quand même intéressé à la course à pied. Avec pas mal de succès, d’ailleurs. Alors pour fêter ce putain de marathon de Paris, dimanche, voici un palmarès évidemment parfaitement subjectif (avec l'aide d'experts, mes potes runners), des films où la course à pied occupe une place de choix. Tu le verras, l’argumentation est assez sommaire. Mais désolé, je suis pressé, j’ai une séance de 6X1000 R=3’ à aller faire. 


1) Marathon Man, John Schlesinger, 1977
Une évidence. Pour le titre, déjà. Mais aussi pour Dustin Hoffman, pour les entraînements dans Central Park, autour du fameux réservoir, et pour l’époque, la fin des années 70, qui correspond à la première vague d’engouement pour la course à pied. Pour le fameux, "Is it safe ?" de Laurence Olivier, qui a fait chuter la fréquentation des cabinets de dentiste de manière drastique. Et aussi, parce que si tu te mets à la course à pied, y a forcément un pote qui va te surnommer marathon man. Forcément. 


2) Forrest Gump, Robert Zemeckis, 1994
Pour l’un des meilleurs rôles de Tom Hanks. Pour cette histoire d’un mec qui décide de courir, court pendant sans s’arrêter pendant plusieurs années, jusqu’à qu’il décide de s’arrêter (ce qui résume pas mal de vies de runners, en fait). Pour sa razzia de médailles, aux Oscars 1995 : six breloques, dont meilleur film, et meilleur acteur. Mais surtout, pour faire une spéciale dédicace à tous les relous qui gueulent "Cours Forrest" quand ils te croisent en train de t’entraîner. 


3) Les Chariots de feu (Chariots of Fire), Hugh Hudson, 1981
Pour la musique de Vangelis bien sûr. Une copine runneuse m’a même avoué qu’elle se la jouait dans la tête à l’arrivée de chaque marathon, en s’imaginant - je la cite - "être au ralenti, alors qu’elle est vraiment au ralenti". Là aussi, très belle prestation à la course aux Oscars 1981 (quatre récompenses, dont meilleur film et... meilleure musique bien sûr). 


4) Comme un homme libre (The Jericho Mile), Michael Mann, 1979
Pour Michael Mann, qui sortait son premier film (en téléfilm, puis uniquement dans quelques rares salles). Pour la description de l’univers carcéral à la toute fin des années 70, et les films de prison, j’aime bien ça (lire Films de prison : un Top 5 "culture de cité"). Pour une scène finale d’anthologie, avec Sympathy for the devil, des Stones. Et parce qu’à la toute fin, le héros balance son chrono. Et ça, franchement, croyez-moi : on finira tous par le faire.


5) La solitude du coureur de fond (The Loneliness of the Long Distance Runner), Tony Richardson, 1962
Pour le titre, magnifique, et qui parle forcément à tous ceux qui se sont tapés des longues séances d’entraînement, tout seuls, sous la pluie, avec une bonne gueule de bois. Tu te sens seul, là. Très seul. Mais ces moments-là, propices à la réflexion, à l’introspection, sont l’essence même de la vie de coureur. 


Ont fait une belle course, mais sans battre leur RP (record personnel) : Le Vainqueur de Steven Hilliard Stern ; Saint Ralph de Michael McGowan ; Le braqueur de Benjamin Heisenberg ; Prefontaine de Steve James : Cours Lola cours de Tom Tykwer. 

Fred Fenster


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