Dossier

vendredi 3 avril 2015

Les Enquêtes du Département V Profanation : pas de basset pour deux Danois


En salles (le 8 avril) mais pas que : En l’an 11 après Stieg Larsson, le 18 mars très exactement, le Club de l’Etoile est sans doute l’endroit le plus approprié pour projeter un thriller scandinave, genre désormais à part entière depuis la fameuse trilogie du précité et dans lequel on se demande régulièrement s’il pleut aussi souvent qu’il fait nuit.

L’enseigne néon que j’aurais aimé voir clignoter aléatoirement, le hall d’entrée boisé un peu vieillot à l’odeur si caractéristique de ces lieux de passage où les émotions repues rencontrent les désirs impatients, cet escalier raide et étroit qui s’enfonce vers les mal nommés lieux d’aisance et dans lesquels on croise des barbus soûls se demander pourquoi le distributeur de savon n’est pas à côté du lavabo... Tout dans le Club de l’Etoile, jusqu’au machiniste qu’on voit sortir à l’issue de la projection affublé d’un pull jacquard que seul un tueur de chat oserait porter, me préparait à cette soirée autour de Profanation, le deuxième opus des Enquêtes du Département V, série de romans adaptée pour le cinéma par Mikkel Norgaard.


Le film a été un succès retentissant dans son pays d’origine, le Danemark, en deuxième position du box-office annuel derrière Le Hobbit. Les équipes de Wild Bunch, qui distribuent le film en France, espèrent bien évidemment que ce succès local est annonciateur d’un succès significatif en France. Pourquoi pas ? Une fois abstraction faite des noms rigolos du cast et d’une langue à laquelle nous ne sommes pas habitués, le film est honorable et soutient largement la comparaison avec n’importe quel thriller US dans son écriture, sa mise en scène, sa direction d’acteur.

Barbu bourré et eCinema

J’ai donc passé un bon moment à suivre l’avancement d’une enquête sur des crimes sordides, commis par des intouchables qu’on adore détester et que le duo vedette, "un alcoolo et un arabe" (selon leurs collègues, y’a pas de frontière pour les vannes de képi), s’efforce de dénoncer. Mon seul reproche est que le film ne recèle aucune surprise, excepté quelques touches d’humour dont l’appréciation a été malencontreusement contrainte par l’hyper-sensibilité de mon voisin de derrière (le barbu bourré), et que la progression mécanique et inéluctable de l’enquête le rende très prévisible. Je me console en me disant qu’il vaut mieux réussir un exercice imposé que se ridiculiser dans une épreuve libre.

Un dernier mot sur la stratégie originale que Wild Bunch initie à l’occasion de la sortie des deux premières Enquêtes du Département V car si vous pourrez découvrir Profanation en salles le 8 avril prochain, le premier opus quant à lui (Miséricorde) sera disponible directement en vidéo à la demande à partir du 28 mars en eCinema. Un nouveau mode de distribution alternatif qui a l’avantage de toucher tous les publics potentiels (plus de 20 millions de foyers connectés en France) pour des œuvres parfois compliquées à sortir en salles en raison de l’encombrement des écrans. Gageons que cette initiative en entraîne d’autres très rapidement…

Sentenza

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