mardi 14 avril 2015

Magic in the Moonlight : trois tours de passe-passe à redécouvrir


En DVD et Blu-ray : Magic in the Moonlight est sorti en vidéo. L'occasion d'apprécier le film de Woody Allen à la lumière de trois magnifiques tours de passe-passe, dignes des plus grands prestidigitateurs.


1) La fontaine de jouvence
Descriptif : un vieillard voûté et malingre monte sur scène, boit un verre puisé à une fontaine puis entre dans une cabine. En ressort un fringant jeune homme plein d'énergie !

Ce vieillard, ce jeune homme, c'est Woody Allen. Ne vous fiez pas à son apparence chétive, à son expression lasse. Woody a l'esprit et le coeur d'un trentenaire ! La preuve en est avec ce scénario : un magicien misanthrope est appelé à la rescousse par un ami pour débusquer une jeune femme qui se prétend médium et qui tient une riche famille sous sa coupe. Une fois face à face, le duo enchaîne les joutes verbales de haut vol dans ce qui ressemble de plus en plus à une parade de séduction. Plein d'humour et d'expressions joliment surannées, les dialogues pétillent comme des bulles de champagne tandis que le récit progresse, entre révélations et mystères. Magic in the Moonlight est un polar romantique dans lequel le spectateur se laisse embarquer avec délice. Et que dire de la mise en scène ? Elle virevolte au rythme des airs de jazz des années vingt. Simple, éclatante, loin de toute forme de sophistication ou d'académisme. Souvent malin, parfois coquin (la toiture de l'observatoire qui s'écarte devant le télescope dressé...), Woody Allen signe ici un film de jeune homme.

2) Le roi de pique et la reine de coeur
Descriptif : d'un paquet de cartes, le magicien fait jaillir deux cartes que tout oppose, qui se repoussent, avant de fusionner dans une gerbe d'étincelles.

Le magicien Wei Ling Soo est une vedette internationale du music-hall des années vingt. A la ville, une fois son maquillage et son costume ôtés, il redevient Stanley Crawford, un type odieux et cynique qui tient en piètre estime le genre humain. Pour interpréter cet antipathique pessimiste, Colin Firth n'hésite pas à bousculer sa diction et son maintien légendaires. Fascinant numéro d'acteur ! Quel bonheur de l'entendre dire ses répliques avec un mépris mi-hautain mi-moqueur avant de le voir progressivement fendre l'armure, révéler ses failles... Face à lui, le charme à l'état pur d'une médium américaine qui a envoûté un riche héritier un peu niais et sa mère bien crédule. Large sourire, grands yeux bleus, Emma Stone incarne l'innocence mutine qui fait vaciller Stanley dans ses certitudes. Et la magie opère... A noter la présence de seconds rôles épatants dont l'accent et le flegme typiquement britanniques procurent un ravissement tout au long du film.  

3) La fumée lumineuse
Descriptif : le magicien manipule une boule de cristal qu'il fait élever dans les airs avant de la faire disparaître dans une explosion de fumée dorée.

Magic in the Moonlight est baigné par une lumière chaude, de celle que l'on trouve sur la "French Riviera", où se situe l'action du film. A la photo, Darius Khonji (Delicatessen, Seven, plusieurs Woody Allen). Il sublime les paysages provençaux, illumine les nuits étoilées et fait baigner les décors naturels dans une brume discrète que transpercent les rais de lumière. Cette vapeur, tout en donnant du relief et de la profondeur au cadre, rend les séquences oniriques, magiques !

Ne loupez pas ce grand numéro qu'est Magic in the Moonlight, co-édité en vidéo par un duo improbable : France Télévision Distribution et TF1 Vidéo. Magique, non ?

Anderton


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