Dossier

jeudi 4 mai 2017

Victor Lanoux en 9 rôles phares

 

Artistes : Victor Lanoux est allé au paradis. Ici et là, son rôle de Louis la Brocante est évoqué. Jamais vu. Pas plus que ses prestations sur les planches. Pour moi, cette masse de tendresse ou de brutalité était d'abord un acteur de cinéma. Retour tout personnel sur ses rôles iconiques, entre bon copain, gros beauf et sale type.



Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) 
Yves Robert constitue la plus belle bande de potes du cinéma français. Des quadra en crise qui, malgré les coups de gueule, restent unis comme les quatre doigts de la main. Aux côtés de Jean Rochefort, Claude Brasseur et Guy Bedos, Victor Lanoux incarne Bouly. Un grand gamin qui trompe sa femme puis tombe en dépression quand elle le quitte. Un grand cœur avec des muscles autour.
 

 
Un moment d'égarement (1977)
Didier pourrait être le frère de Bouly. Un père de famille gros nounours qui découvre que sa fille se tape un homme mûr. Evidemment, ça le rend dingue, Didier. Qui veut mettre la main sur ce vieux dégueulasse. Il s'en ouvre à son bon pote (Jean-Pierre Marielle), sans se rendre compte que c'est le copain en question qui couche avec sa fille. Claude Berry confie à Marielle le rôle du quadra qui perd ses repères ; à Lanoux, celui du père qui vitupère dans le vide. Un rôle comique jusqu'à la confrontation finale. Coup de tonnerre (au sens propre). Et le comique laisse place à l'émotion.
 

 
Cousin cousine (1975)
Marthe rencontre Ludovic au gré de réunions familiales. Et c'est le coup de foudre. Problèmes : chacun est marié et surtout, ils sont cousins ! Marie-Christine Barrault et Victor Lanoux forment un couple formidable, libre, passionné. Je me souviens d'eux dans une baignoire, en train de dessiner au feutre sur leurs corps. Lanoux en lover est complètement crédible. C'est Guy Marchand qui est impayable en cocufieur cocufié. Le film de Jean-Charles Tacchella remporte l'Oscar du meilleur film étranger.
 

 
Adieu Poulet (1975)
Sourire mielleux, beau costume, Pierre Lardatte est un politicien de province et un bel enfoiré. Lanoux en retenue fait passer toute l'antipathie du personnage. Face à lui, un duo improbable qui fonctionne : Lino Ventura et Patrick Dewaere. Voilà un bon polar signé Pierre Granier-Deferre, avec Francis Veber au scénario. La scène finale, qui met aux prises Ventura et Lanoux par mégaphone interposé, est un sommet.
 

 
Dupont Lajoie (1975)
Un camping où se retrouve une belle brochette de beaufs. L'un d'eux (Jean Carmet) viole et tue une ado. Les soupçons se portent sur un ouvrier maghrébin. Le camping s'enflamme. Apparaît Lanoux, sommet de beaufitude, ancien para qui a fait le djebel. C'est lui qui mène la ratonnade. Le film d'Yves Boisset n'a rien perdu de sa force. 

 
Canicule (1984)
Un braqueur américain en fuite (Lee Marvin) dans les pattes d'une famille de rednecks de la Beauce interprétés par Miou-Miou, Jean Carmet et Victor Lanoux, en brute rustre. Yves Boisset derrière la caméra, Michel Audiard au dialogue. Un polar détonnant.
 

 
Les Chiens (1979)
Un des meilleurs films d'Alain Jessua dans lequel un médecin (Lanoux) est confronté à un éleveur de chiens (Gérard Depardieu). Selon l'ami Travis Bickle, "Peut-être le film le plus fort sur l’imaginaire anxiogène que peut générer ce qu’on appelait alors les villes nouvelles dans les années 70 : déshumanisation, repli sur soi, idéologie sécuritaire, fascisme rampant".
 
 
Je ne sais rien mais je dirai tout (1973)
Dans cette comédie engagée de et avec Pierre Richard, Lanoux fait une courte apparition. Il interprète un ouvrier maussade chargé de repeindre un mur avec le grand blond gaffeur. Lequel met plus de peinture sur la salopette de Lanoux que sur le mur en question. L'énervement monte, un peu à la Lino, jusqu'à l'explosion finale. Ce petit sketch marrant est un hommage au duo formé plus tôt par les deux comédiens, qui couraient alors les cabarets dans leurs jeunes années. Ils se retrouveront dans La Carapate (1978) qui, malgré quelques bons trucs, n'est ni le meilleur Oury, ni le meilleur Richard, ni le meilleur Lanoux.
 

 
Un si joli village (1979)
Carmet interprète un juge d'instruction, Lanoux un notable de province qui tient un "pays" sous sa coupe. Victor en inox, froid comme une lame, inquiétant. Un Columbo à la française signé Etienne Périer.
 
Evidemment, ce n'est qu'une sélection toute personnelle. Un coup d'éclairage sur la carrière prolifique d'un grand acteur un peu oublié.
 
Anderton 
 
 
 
 
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