samedi 27 mai 2017

Cannes 2017 : quand Thierry Frémaux s'explique sur l'affaire Polanski

Buzz : La présence de Roman Polanski au Festival de Cannes 2017, venu présenter hors compétition D'Après une histoire vraie, suscite l'indignation et la colère de ceux qui reprochent au cinéaste d'avoir violé une mineure aux Etats-Unis en 1977 (lire l'article du Figaro pour un résumé de l'affaire). Dans son ouvrage Sélection officielle, Thierry Frémaux, délégué général du festival et directeur de l'Institut Lumière, a justifié l'invitation du cinéaste à ce type d'événement.


Le 25 avril 2016, Roman Polanski est invité à l'Institut Lumière. Le planning familial du Rhône s'insurge. Dans son livre publié chez Grasset en décembre 2016, Thierry Frémaux, qui précise avoir programmé à Lyon "deux documentaires qui en disent plus long que tous les papiers écrits depuis bientôt quarante ans sur 'l'affaire'", s'explique : 

"Nul ne connaît la vérité de ce qui s'est passé en 1977 sauf les deux intéressés. Que Polanski ait été jugé et ait payé (ce qu'on passe généralement sous silence et que lui ne cesse de répéter) et que Samantha Geimer [l'adolescente violée, NDLR] ait décidé de retrouver une vie normale, en réclamant qu'on lui fiche la paix et en pardonnant à Polanski, n'intéresse visiblement personne."

Ce n'est pas tout à fait exact que Geimer ait décidé de tourner la page puisqu'elle a écrit un livre sur son viol, comme le précise l'article du Figaro cité plus haut. Frémaux poursuit : 

"Ce qui finit par être fascinant, c'est la façon dont on ne veut pas les [Polanski et Geimer, NDLR] laisser tranquilles. Depuis, Polanski est condamné à jouer pour toujours le rôle de coupable utile pour des causes qui n'ont plus rien à voir". 

Et le délégué général d'évoquer la réaction du planning familial, avant de préciser :

"(...) à la rencontre, il y avait un nombre majoritaire de femmes [précision en réponse au planning familial qui reproche à l'Institut de ne pas assez inviter des artistes femmes, NDLR] ; inviter Polanski n'est en rien lui exprimer une quleconque 'solidarité' ; enfin, nul n'agit, en France, et en tout cas, pas nous, en fonctions des décisions de la justice américaine, que même la Suisse a jugées irrecevables."

En invitant Polanski à Cannes, Frémaux reste donc sur la même position.

Anderton
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