Cannes 2022

mercredi 4 mai 2022

Doctor Strange in the Multiverse of Madness : détonnant, délirant, exigeant

Doctor Strange in the Multiverse of Madness CINEBLOGYWOOD

En salles : Vingt ans après Spider-Man, Sam Raimi replonge dans l'univers Marvel en signant la réalisation de Doctor Strange in the Multiverse of Madness, avec Benedict Cumberbatch et Elizabeth Olsen. En vingt ans, le MCU s'est étendu (28 films à ce jour) grâce à la vision et sous l'autorité de Kevin Feige. Le cinéaste a su trouver sa place dans ce cadre imposé en réalisant un film détonnant et délirant.


Comment résumer cette nouvelle aventure de Stephen Strange ? Entre le foisonnement du récit, le déluge de trouvailles visuelles et les nombreuses surprises que nous réserve le film, il ne faut surtout rien spoiler et préserver la découverte d'une oeuvre qui détonne au sein du MCU.

Il y a d'abord le scénario, écrit par Michael Waldron, dont l'imagination débordante a été mise à contribution dans les séries Loki et Rick et Morty. On retrouve la Waldron's Touch dans Doctor Strange 2, sa faculté à jouer avec l'espace et le temps, à proposer des univers (et même un multivers) surprenants, à faire côtoyer la gravité et l'humour, à entremêler le spectaculaire et l'intime, en prenant toujours soin de ne pas perdre les personnages dans les mondes qu'il a créés. Sans être un grand spécialiste du personnage créé par Stan Lee et Steve Ditko, je trouve que le scénariste a bien respecté l'univers du "Maître des arts mystiques", creusant davantage le sillon du premier opus et emmenant la franchise dans des territoires plus sombres.

Raimi's touch

Et Sam Raimi, qui n'avait pas réalisé de long-métrage depuis 9 ans (Le Monde fantastique d'Oz, 2013), s'est avéré un excellent choix pour mettre en scène cette vision plus adulte, plus exigeante même. Bien sûr qu'il prend part à une aventure collective débutée en 2008 avec Iron Man et dont Kevin Feige contrôle scrupuleusement la destinée, avec à la clé un succès au box-office qu'il n'est plus besoin de démontrer. Le réalisateur a compris les attentes, respecté "le contrat" mais aussi, à ceux qui en doutaient, apporté son style. Doctor Strange 2 provoque quelques sursauts de peur (jump scares), basculant parfois dans une atmosphère qui frôle le film d'horreur. On évidemment très loin du gore d'Evil Dead mais jamais un film Marvel n'avait poussé aussi loin l'incursion dans cette veine. A tel point qu'une adaptation de Marvel Zombies semble mûre.

Raimi fait subir bien des transformations - psychologiques et physiques - aux personnages. La noirceur de l'âme, la perdition, la mort infusent le récit et le cinéaste ne se prive pas de le traduire en images. Avec en prime cette petite touche d'humour méchant qui jaillit jusque dans les pires moments. Si certaines séquences d'action sont filmées dans le même esprit que les précédents opus du MCU, Raimi apporte son savoir-faire dans les séquences les plus oppressantes et les plus virevoltantes. Le 4e mur est brisé plusieurs fois. Le film déborde de trouvailles visuelles. Cela va parfois trop loin et trop vite, mais comment s'en plaindre ! 

L'art de Benedict et Elizabeth

Benedict Cumberbatch tient son personnage, ou plutôt ses personnages. En grand comédien qu'il est, il sait doser les réactions de Strange pour ne jamais trop en faire (ni dans l'humour, ni dans l'émotion). Rien n'est forcé, tout sonne juste. Elizabeth Olsen est impressionnante. Dans la lignée de la série WandaVision, elle explore encore plus profondément la psyché de Wanda Maximoff et de sa détresse. L'arc de son personnage est certainement l'un des mieux réussis du MCU. On retrouve au générique Benedict Wong, Rachel McAdams et Chiwetel Ejiofor, rejoints par Xochitl Gomez, qui apporte du sang neuf à la saga. Je vous parlerais bien des autres acteurs (Oh. My. God.) mais no spoiler !

Doctor Strange in the Multiverse of Madness ne plaira pas forcément à tout le monde. Il est certainement un peu moins accessible au grand public qu'Avengers par exemple mais il porte bien son nom. Sa folie délirante, d'un point de vue dramatique et visuel, nous emporte, nous bouscule parfois, nous perturbe. Ce n'est pas un film de super-héros classique. C'est une expérience cinématographique gonflée dans le cadre d'un blockbuster. Et certaines scènes, certaines images restent gravées en nous bien après le générique de fin, qu'il faut bien entendu regarder jusqu'au bout.

Avatar La Voie de l'eau CINEBLOGYWOOD

Avatar La Voie de l'eau : James Cameron surprend encore

Lors de la projection de Doctor Strange organisée hier, Disney France nous a dévoilé le premier teaser d'Avatar la Voie de l'eau, en 3D s'il vous plaît. Honnêtement, j'avais beaucoup aimé Avatar (2009) mais je l'ai peu revu et à force d'attendre une suite annoncée pour 2014 (!), j'avais perdu de l'intérêt pour cette saga. L'annonce de la sortie de ce deuxième opus en décembre ne m'emballait pas plus que ça. Et puis, j'ai chaussé mes lunettes 3D (que je pensais remisées au musée) et découvert ce teaser qui, comme beaucoup, m'a enchanté. Il ne pose pas vraiment les enjeux de l'histoire (on comprend que le choc des civilisations se poursuit) mais donne à voir à quel point la technologie a fait d'immense progrès. Les images en 3D sont splendides et j'ai retrouvé cet émerveillement à m'immerger dans un univers à la fois étrange et beau. James Cameron m'a une fois de plus surpris. 

Anderton

Aucun commentaire: