Cannes 2022

lundi 5 juillet 2021

Contre toute attente : un néo-noir torride sur un air de Phil Collins

Contre toute attente Blu-ray CINEBLOGYWOOD


En DVD et Blu-ray : Envie d'évasion ? Que diriez-vous d'une virée à Los Angeles avant de mettre les voiles pour le Yucatan ? C'est exactement ce que nous propose Contre toute attente (Against All Odds, 1984), que sort en vidéo Sidonis-Calysta. Le film de Taylor Hackford est un film noir aussi lumineux que sulfureux avec pour triangle Jeff Bridges, Rachel Ward et James Woods. En prime, l'inoubliable chanson de Phil Collins.


A la suite d'une blessure à l'épaule, Terry Brogan (Jeff Bridges) se fait virer de son équipe de football américain, les Colts de Los Angeles. Il a beau être un sportif reconnu, le voici à la rue, criblé de dettes. Le salut lui vient de Jake Wise (James Woods), une connaissance plutôt louche qui organise des paris sportifs : en échange d'une forte somme, Wise lui demande de retrouver sa copine, Jessie Wyler (Rachel Ward), qui s'est fait la malle avec un bon paquet de dollars. Peu importe l'argent, Wise est amoureux. Or, Jessie est la fille de la propriétaire des Colts, Mrs Wyler, qui a fait fortune dans l'immobilier. Cette dernière lui révèle que sa fille se cache sur l'île de Cozumel, au Yucatan. Terry s'envole donc pour le Mexique et, contre toute attente, tombe amoureux de la riche héritière.

Le film de Taylor Hackford semble partir sur la voie du thriller romantique. Bien avant Matthew McConaughey, Jeff Bridges exhibe souvent son torse tout en abdos tandis que Rachel Ward joue de son charme. Le coup de foudre se passe sous les tropiques et il est vrai que les scènes tournées sur les plages de sable fin à Cozumel et dans les ruines mayas de Chichen Itza font rêver. Le climax culmine d'ailleurs au sein du site archéologique avec une scène torride. On est dans le droit fil d'Officier et gentleman (1983), le précédent film d'Hackford.

Puis retour à L.A., pour une deuxième partie plus sombre malgré le soleil éclatant de Californie. Le récit nous rappelle que la mégalopole repose sur des fondations pourries. On le sait depuis Chinatown, la corruption est le mode opératoire de promoteurs prêts à tout pour se faire de l'argent. Gare à ceux qui se mettraient en travers de la route du bulldozer. Remake de La Griffe du passé (Out of the past, 1947), de Jacques Tourneur avec Robert Mitchum, Jane Greer et Kirk Douglas, Contre toute attente est un néo-noir qui tient toutes ses promesses. La femme fatale, l'amoureux manipulé, le bad guy... tout y est. Sauf que Taylor Hackford filme cette sombre histoire sous une lumière crue - belle photo de Donal Thorin (Purple Rain, Midnight Run). Un plein soleil qui aveugle le regard et brûle la peau.

Sunset et sensuel

Mission accomplie pour le cinéaste qui respecte donc les codes du film noir, tout en y infusant de la romance, un zest d'érotisme, de l'exotisme et quelques séquences choc, comme une spectaculaire course-poursuite entre une Porsche et une Ferrari sur Sunset Boulevard. 80's oblige. A tous ces ingrédients, il faut ajouter celui du casting : Jeff Bridges est au top de sa bôgossitude, à la fois plein de testostérone et de fragilité ; Rachel Ward transpire la sensualité et apporte de l'équivoque à son personnage ; James Woods est parfait en méchant inquiétant mais qui peine à cacher son chagrin d'amour. Egalement au générique : Jane Greer (interprète de la femme fatale dans le film de Tourneur), Richard Widmark, Alex Karras (Le Shérif est en prison, Victor/Victoria) et Saul Rubinek (Le Bûcher des vanités).

Le score - très 80's - est signé Larry Carlton et Michel Colombier et Kid Creole fait une apparition chantée dans son propre rôle mais c'est évidemment la chanson de Phil Collins, Against all odds, qui a marqué le film. Un méga-tube dont le vidéoclip (c'est comme ça qu'on disait à l'époque) passait, si j'ai bonne mémoire, dans la boucle de promo de Canal+ peu avant le lancement de la chaîne. Un clip qui met bien le film en valeur, je trouve. Sidonis-Calysta a la bonne idée de le proposer dans sa belle édition, au master soigné. 

Egalement en bonus, quelques suppléments sur Jeff Bridges (dont l'un où il passe en revue les films marquants de sa carrière) ainsi qu'un décryptage de la production du film et de sa réception en salle. N'attendez pas plus longtemps, take a look at it now !

Anderton


Aucun commentaire: