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mercredi 28 juillet 2021

Jungle Cruise : aventure trépidante sous les tropiques

Jungle Cruise Disney CINEBLOGYWOOD

En salles : Comme à l'été 2020 avec Terrible Jungle, l'Amazonie s'invite à nouveau au cinéma. Cette fois-ci, la forêt tropicale est le décor d'un blockbuster signé Disney. Réalisé par Jaume Collet-Serra, 
 Jungle Cruise, qui réunit Dwayne Johnson et Emily Blunt, est un grand spectacle familial aussi exubérant que trépidant. All aboard !


Et si l'Amazonie abritait une fleur aux propriétés miraculeuses ? La scientifique Lily Houghton en est convaincue, qui a étudié de près les récits d'une expédition menée par des conquistadors espagnols jamais revenus de "l'enfer vert". Mais ses thèses suscitent les moqueries des membres d'une vénérable société géographique de Londres. Car en ce début de XXe siècle, il est impossible d'être entendue quand on est une femme. Qu'importe l'avis de barbons obtus, Lily rejoint l'Amazonie en compagnie de son frère MacGregor, aussi à l'aise... et bien, qu'un Anglais au coeur de la forêt vierge. Sur place, elle s'attache les services de Frank Wolff, capitaine un brin filou d'un bateau à vapeur essoufflé. Voici cet atypique trio parti sur les traces d'une plante mythologique. La jungle recèle bien des périls mais le plus grand reste celui incarné par le prince Joachim, un dignitaire allemand bien décidé à mettre le premier la main sur le trésor végétal.

A l'instar de son affiche et de sa bande-annonce, le titre de Jungle Cruise claque comme la promesse d'un dépaysement, de sensations fortes et d'humour. Et le film nous délivre tout ce que nous espérions. Cette croisière nous amuse, comme un blockbuster estival dans le monde d'avant. Tout en respectant l'esprit de l'attraction du même nom qui a été créée à Disneyland, le film vogue à toute vapeur dans le sillon des grands films d'aventure, des Indiana Jones à L'Odyssée de l'African Queen, en passant par A la recherche du diamant vert et Pirates des Caraïbes

Héros sous les tropiques

Au coeur du film, il y a un couple improbable. D'un côté, la chercheuse aventurière Lily prête à tout pour aller au bout de sa quête, y compris à porter - oh shocking ! - un pantalon. Elle n'est pas entêtée, elle sait ce qu'elle veut. Elle n'est pas inconsciente, elle n'a peur de rien. Sa détermination est sans failles. De l'autre, Frank l'aventurier roublard qui connaît les moindres méandres de l'Amazone. Sourire charmeur surmontant 120 kilos de muscles. Il n'est pas violent, il sait se servir de ses poings. Il n'est pas menteur, il adapte la réalité à ses propres objectifs. Forcément, la rencontre de ces deux ego provoque quelques étincelles et un torrent d'échanges plus acérés que les dents d'un piranha. Avec leurs personnalités et gabarits complètement différents, Emily Blunt et Dwayne Johnson s'en donnent à coeur joie. Leur plaisir à jouer ensemble, et à reproduire une guerre des sexes digne de l'âge d'or d'Hollywood,  se ressent à l'écran.

On rit beaucoup de ce bras-de-fer permanent, où celui qui semble avoir le dernier mot n'est pas forcément le mieux récompensé. D'autant que chacun des protagonistes est affublé d'un coéquipier atypique : celui de Frank est poilu, celui de Lily poilant. Le pauvre MacGregor, interprété par Jack Whitehall, n'est vraiment pas dans son élément naturel mais on apprendra pourquoi il est prêt à suivre sa soeur jusqu'au bout du monde, cartographié ou pas. Un aveu touchant sur sa différence qui donnera lieu à un quiproquos verbal hilarant entre lui et Frank. Autre prestation très appréciée : celle de Jesse Plemons, dont on sait qu'il peut être drôle et inquiétant en même temps (cf son interprétation dans le très bon Game Night). Il parvient à camper un méchant Teuton mais avec suffisamment d'originalité pour qu'il nous épargne un pénible déjà vu. Egalement au générique : Paul Giamatti qui cabotine juste ce qu'il faut, Edgar Ramirez (Carlos) et Veronica Falcon (Perry Mason).

Torrent d'action

Les personnages sont hauts en couleurs. Il faut dire que les dialogues et le scénario de Michael Green associé au duo Glenn Ficarra et John Requa (Crazy Stupid Love, I Love you Phillip Morris, This is us) sont enlevés, rythmés et drôles. Le récit n'est pas un long fleuve tranquille et c'est tant mieux. Jaume Collet-Serra apporte une mise en scène dynamique et inventive, avec ce qu'il faut d'effets pour nous émerveiller ou nous faire sursauter. Les effets spéciaux sont d'ailleurs très réussis, tout autant que les décors "en dur".

Jungle Cruise nous offre un spectacle total qui se permet même de nous faire réfléchir sur la place des femmes dans la société, la représentation du genre, l'affirmation de la différence, le colonialisme, la surexploitation des ressources naturelles ou la masculinité toxique, sans jamais se détourner de son objectif premier : nous divertir. 

Anderton


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