jeudi 1 septembre 2016

A Perfect Day : humanitaires en absurdie

En DVD et Blu-ray : Sorti en vidéo il y a quelques semaines, A Perfect Day : Un jour comme un autre aborde avec justesse l'engagement d'une ONG dans une zone de conflit. Sans pathos mais avec émotion. Sans moquerie mais avec humour.




Le film suit quatre humanitaires et leur traducteur dans un pays des Balkans en guerre. Le cadavre d'un homme imposant gît au fond du seul puits d'eau potable de la région. L'équipe part à la recherche d'une corde, en prenant sous son aile un enfant qui doit retourner chez ses parents.



Le risque était grand pour le réalisateur espagnol, Fernando Leon de Aranoa, de signer un mélo dégoulinant de bons sentiments ou une comédie cynique. Or, il trouve le ton juste. Sur le fil. Il faut dire que le cinéaste a auparavant réalisé un documentaire sur des humanitaires, partageant leurs joies et leurs galères. Il sait donc de quoi il parle. Et il rend bien ce quotidien où l'horreur le dispute à l'absurde, où les blagues débiles font oublier la fatigue et l'abattement, où l'envie d'agir, parfois de manière inconsidérée, prime toujours, même lorsque tout incite à baisser les bras. Bravo à lui d'avoir également éviter l'écueil du pays en voie de développement. Ici, tout se passe en Europe : on ne voit pas de différences entre les belligérants, les soldats de l'ONU, les humanitaires... ce qui a le mérite de renforcer l'absurdité des situations et de mettre le spectateur face à ses propres questionnements, voire responsabilités, sans avoir l'excuse de se dire que ça se passe loin, dans un pays compliqué.

Le spectateur s'attache d'autant plus à l'équipe que les acteurs sont complètement crédibles dans leurs rôles respectifs : Benicio Del Toro en chef de groupe désabusé mais qui n'a pas perdu complètement la foi, Tim Robbins en vétéran casse-cou(illes), Olga Kurylenko dans le rôle de l'huma qui essaie de garder la tête et le coeur froids, Mélanie Thierry dans celui de la p'tite jeune passionnée, Fedja Stukan dans celui du traducteur qui comprend tout ce qui se passe mais qui tente quand même d'aller dans le sens de l'équipe. Par ailleurs, Eldar Residovic joue un garçon qui en a beaucoup vu sans abuser des "grands yeux humides". A noter également la petite apparition de Sergi Lopez. 

Les personnages sont bien écrits, de même que les situations qui se suivent pour former une odyssée surprenante, rageante, émouvante et marrante aussi. L'édition de TF1 Vidéo comprend quelques bonus éclairants : une interview du réalisateur, un making of. Un bon film, inattendu, qui vise juste.

Anderton

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