vendredi 9 septembre 2016

Rétro Belmondo : pépites et nanars (5/5)

Artistes : Dernière partie de notre rétrospective en vidéos consacrée à Jean-Paul Belmondo. Fraîchement auréolé d'un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à la Mostra 2016, l'acteur a joué dans beaucoup de chefs-d'oeuvre... mais aussi quelques nanars. 


PEPITES

Classes tous risques (1959) de Claude Sautet. Face à Lino Ventura, Belmondo impose son personnage d’homme de main, fiable et régi par un code d’honneur. Il y fait montre d’un registre inattendu, après son triomphe critique dans A bout de souffle. Dommage qu’il n’ait pas intégré la bande à Sautet, avec Montand, Piccoli, Reggiani : il y avait toute sa place !



Le Voleur (1966) de Louis Malle. Adaptation du roman de l'anarchiste du début du siècle Georges Darien, Le Voleur se veut une charge à l'encontre de la bourgeoisie et de ses codes. De l’aveu même du cinéaste, il s'est pleinement identifié au personnage principal incarné par Jean-Paul Belmondo. Au point d’ajouter qu’il s’agit alors de son film le plus autobiographique. C’est surtout pour Louis Malle l’occasion d’offrir à Jean-Paul Belmondo un rôle d’envergure, après avoir regretté de ne pas lui avoir attribué le rôle principal d’Ascenseur pour l’échafaud.



L’Homme de Rio (1964), de Philippe de Broca. Le film le plus populaire de l’acteur avec le réalisateur. Sorte d’adaptation ciné déguisée de Tintin, le film est un extraordinaire succès populaire. Qui permet à Bebel d’entrer dans la mythologie française. Et de peaufiner son personnage cavalant et survolté.



Tribulations d’un Chinois en Chine (1966), Le Magnifique (1973), L’Incorrigible (1975). Petits bijoux de fantaisie et de mélancolie signés De Broca. Avec le temps, c’est sans doute le réalisateur qui a su le mieux valoriser tout le potentiel fantasque et exubérant de l’acteur. Une association magique, dont on regrette qu’elle ne se soit pas renouvelée au cours des années 80.



Un homme qui me plaît (1969), Itinéraire d’un enfant gâté (1988). Deux incursions réussies dans l’univers de Claude Lelouch, l’une version Un homme et une femme, version US ; l’autre, version Toute une vie, réadaptée aux années Tapie. Belmondo y excelle, en toute liberté. César pour Bebel en 1988, qu’il refuse de venir chercher.



L’Héritier (1972) de Philippe Labro. Efficacité à l’américaine pour ce portrait d’un industriel de la presse, persona non grata dans le milieu des affaires. Avec pour modèles principaux Sydney Pollack et Costa Gavras, Philippe Labro s’en sort bien, avec la complicité de Belmondo. Ce qui ne sera pas le cas de leur collaboration suivante, L’Alpagueur



Le Corps de mon ennemi (1977). Septième et avant-dernière collaboration avec Henri Verneuil. Sorte de revenge movie psychologique dans les corons et l’industrie sucrière du Nord, sur de magnifiques dialogues dépressifs d’Audiard, Le Corps de mon ennemi reste une curiosité dans sa filmographie, à l’instar du Professeur dans celle de Delon. Si Verneuil s’en tire très bien, on aurait rêvé de voir Chabrol aux manettes du film.



Peut-être (1997) de Cédric Klapisch. Fable SF dans laquelle il joue le rôle du fils de... Romain Duris. A redécouvrir.



NANARS 

Moderato Cantabile (1960, de Peter Brook, d’après un scénario de Marguerite Duras, avec Jeanne Moreau. Peut-être son plus gros miscasting ?



L’inconnu dans la maison (1992), de Georges Lautner. Sur le papier, on pouvait y croire : adaptation de Georges Simenon, remake du classique d’Henri Decoin, reprise par Bebel d’un rôle à composition d’un avocat alcoolique, jadis tenu par Raimu…Mais hélas, échec sur toute la ligne.



Les Misérables (1995), de Claude Lelouch. Affreuse transposition du monument de Hugo au XXe siècle, sur musique de Patricia Kaas. Lelouch pas à son meilleur. Reste la composition d’Annie Girardot, récompensée par un César en 1996.



Amazone (2004), de Philippe de Broca. Malgré la reformation de la dream team de L’Homme de Rio et du Magnifique, l’esprit n’y est plus. Les héros sont fatigués, le public aussi. 



Un homme et son chien (2007), de Francis Huster. C’est hélas son dernier film, sorte de remake du chef d’œuvre de Vittorio de Sica, Umberto D. Gênant, le mot n’est pas trop fort.





Travis Bickle
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