dimanche 16 octobre 2016

Showeb 2016 : Oliver Stone, sausage porn et blockbusters (2/2)


Buzz : Suite de notre compte-rendu du Showeb 2016, organisé par Le Film français et l'agence Casablanca, qui s'est tenu mardi à Paris (lire Showeb 2016 : Alliés, Jérôme Bosch et embargos). L'occasion pour les blogueurs de découvrir trailers et extraits, parfois exclusifs, des films programmés pour la fin de l'année et 2017. Avec quelques surprises en prime.




La coupure du déjeuner a été bienvenue, chacun pouvant à loisir se jeter sur le copieux buffet, soulager sa vessie ou frapper dans un punching ball Jack Reacher installé par Paramount.



Après avoir souillé d'aliments divers la moquette du Gaumont Marignan et bouché un vécé, l'assemblée est retournée dans la salle pour découvrir Sausage Party, le film d'animation co-écrit et interprété par Seth Rogen. On vous en reparlera plus en détail mais en résumé, c'est délirant, hilarant et ça va très, très loin. Au point que certains blogueurs en ont recraché leur hot dog avalé une heure plus tôt.


Ce fut au tour de GAUMONT de monter sur scène par l'intermédiaire de Julien, vainqueur de la journée à l'applaudimètre. Et visiblement, sans que sa famille soit dans la salle. La présentation a commencé par le trailer de Brice de Nice 3 et une vidéo Youtube du surfeur niçois réalisée par Golden Moustache. Marrant.
Changement d'ambiance avec Arès, un film d'anticipation signé Jean-Patrick Benès (sortie le 23 novembre). En 2035, la France est devenue un pays pauvre, et le peuple oublie sa misère en regardant du Free Fight où les combattants ont le droit de se doper. Un film de genre (rare en soi dans notre pays) sombre et ambitieux qui donne envie d'en voir plus.
Premier film d'animation produit par Quad, Ballerina (sortie le 14 décembre) devrait ravir les enfants, et surtout les petites filles qui aiment la danse.
Autre production Quad : l'adaptation signée Christian Duguay d'Un sac de billes (sortie en février 2017). "Un livre que tout le monde a lu... ou pas", a indiqué Julien. Je fais partie des "Ou pas", sachant juste que l'histoire (autobiographique) concernait un enfant juif pendant la deuxième guerre mondiale. L'extrait présenté m'a beaucoup touché. Dans le Paris occupé, des parents (Patrick Bruel et Elsa Zylberstein) annoncent à leurs deux fils que la famille doit rejoindre la France libre, séparément. Les deux enfants devront donc partir tout seuls, le soir même. Un extrait poignant, avec malgré tout une pointe d'humour. "Le film est beaucoup plus lumineux que ce que vous venez de voir", a ajouté Julien, conscient d'avoir plombé l'ambiance. La bande-annonce projetée l'a confirmé.
Puis retour à la comédie avec Telle mère, telle fille (sortie en mars 2017) de Noémie Saglio, avec Camille Cottin et Juliette Binoche. L'histoire d'une mère à la cool qui tombe enceinte au même moment que sa fille. Drôle mais j'avoue avoir eu du mal à croire que Camille Cottin pouvait être la fille de Juliette Binoche.
Visiblement décidé à alterner rires et gorges serrées, Gaumont a balancé ensuite des images de Patients, co-réalisé par Grand Corps Malade d'après son livre (sortie en mars 2017). L'histoire d'un jeune homme devenu tétraplégique à la suite d'un accident qui se retrouve dans un centre de rééducation. Fort.
Final grandiose avec le trailer d'Au revoir là-haut, d'Albert Dupontel, qui partage l'affiche avec Laurent Lafitte et Niels Arestrup. Cette adaptation du Prix Goncourt, sur deux anciens Poilus devenus escrocs, frappe par sa puissance et la beauté de ses plans. Assurément, un des films de l'année prochaine que j'attends avec le plus d'impatience (sortie en novembre).


LE PACTE a débuté sa "boucle" par ses films cannois : Moi Daniel Blake (sortie 26 octobre), la Palme d'or attribuée à Ken Loach, et Baccalauréat (sortie 7 décembre) de Cristian Mungiu.
Enchaînement avec La Communauté de Thomas Vinterberg (sortie 18 janvier 2017), qui s'intéresse à une maison danoise transformée en communauté dans les années 70 : beaucoup de love mais pas toujours du peace... 
Autre film d'auteur (ce n'est pas un gros mot) : Orpheline d'Arnaud des Pallières, avec un beau casting : Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Sergi Lopez et Gemma Arterton (sortie 29 mars).
Est arrivé ensuite le réjouissant Ouvert la nuit d'Edouard Baer, dans lequel il est question d'une troupe de comédiens en colère, d'un directeur de théâtre indélicat et d'un chimpanzé kidnappé (sortie 11 janvier 2017). 
Belle surprise également avec le trailer de M. et Mme Adelman (sortie 8 mars), de et avec Nicolas Bedos sur la vie d'un couple - un écrivain et sa muse (Doria Tillier) - qui s'aime et se déchire. J'ai été emballé par ce que j'ai vu de la mise en scène, des dialogues, de la reconstitution d'époques révolues (70's, 80's...). 
Conclusion avec Que Dieu nous pardonne, un polar espagnol prometteur.


J'ai découvert un distributeur dont j'ignorais l'existence (ça sert aussi à ça, le Showeb) : URBAN DISTRIBUTION. Le line-up comprenait trois œuvres rafraîchissantes, inattendues, qui titillent la curiosité : Tanna, une sorte de Roméo & Juliette au Vanuatu (sortie 16 novembre) ; The Music of Strangers, un documentaire sur un orchestre formé de musiciens du monde entier, dont le célèbre Yo-Yo Ma (sortie 7 décembre) ; Noma in Japan, ou l'histoire du meilleur restaurant du monde qui déménage pour un temps de Copenhague à Tokyo (sortie en 2017).



Place à STUDIOCANAL. Stupeur : ce n'est pas François Clerc qui monte sur scène. J'ai failli partir en claquant les lourdes portes de la salle et puis je me suis ravisé car j'avais envie de découvrir certains de la "vingtaine de films" prévus pour 2017. Beaucoup d'images inédites ont été présentées, dont certaines filmées spécialement pour le Showeb : à savoir Louis Garrel en Godard, pour la promotion du Redoutable, une comédie sur le cinéaste suisse réalisée par Michel Hazanavicius. Un bon teasing.
Francs éclats de rire pour Problemos, avec Eric Judor, sur une communauté libertaire qui survit à une pandémie galopante ; Alibi.com, de et avec Philippe Lacheau (extrait hilarant sur la narcolepsie) ; La Folle histoire de Max et Léon, avec le duo du Palmashow.
Deux adaptations : Seuls, d'après une BD géniale donc attentes élevées, et Le Grand Méchant Renard, d'après un roman graphique tendre et marrant, par l'équipe d'Ernest et Célestine d'où attentes... voir plus haut.
Primaire d'Hélène Angel, avec Sara Forestier (dans le rôle d'une instit passionnée) et Vincent Elbaz, s'annonce plein de sentiments.
Matthew McConaughey revient chauve (ce qui n'est pas pour me déplaire) dans Gold. Une histoire folle, une histoire vraie. J'adhère !
Enfin, on est resté dans la jungle, avec beaucoup d'images de The Lost City of Z, le très attendu film de James Gray, qui réunit Robert Pattinson et Charlie Hunnam. Epique ! Impatient de le découvrir sur un très grand écran.


Après avoir souligné que Comme des bêtes était le "premier film d'animation de l'année" avec 3,5 millions d'entrées, UNIVERSAL a axé sa présentation sur quatre "piliers" :
1) Les films d'auteur : Iris de Jalil Lespert, avec Romain Duris, Charlotte Le Bon et Jalil Lespert (un thriller sulfureux) ; Manchester By The Sea de Kenneth Lonergan, avec Casey Affleck, Michelle Williams et Kyle Chandler (un drame qui ne se passe pas à Manchester mais près de la mer : projeté le soir au Showeb, je n'ai pas pu rester pour le voir mais les retours sont excellents) ; Nocturnal Animals de Tom Ford avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon et Aaron Taylor-Johnson (un thriller sur une femme qui reçoit un livre écrit par son ex-mari). Trois trailers qui m'ont mis l'eau à la bouche.


2) Les blockbusters : Cinquante Nuances plus sombres, dont la fin du trailer (avec Miguel qui termine Crazy In Love en lâchant : "Oh No Oh No Oh No No") a fait marrer la salle mais les blogueurs ne comprennent rien à la romance, encore moins au bondage ; La Grande Muraille de Zhang Yimou, avec Matt Damon et des monstres - un crossover Est-Ouest qui me branche ; Fast 8 dont quelques featurettes ont été montrées et dont le représentant d'Universal a assuré que le film reposait "sur une super idée" - évidemment on a vu beaucoup de voitures et beaucoup de voitures cassées. Quelques photos du tournage du reboot de La Momie, avec Tom Cruise, ont été commentées : le film se déroule en Afghanistan et Sofia Boutella sera au générique. Universal a précisé travailler sur des "expériences en réalité virtuelle", notamment dès le tournage de La Momie.


3) Les films d'horreur : le label Blumhouse étend son univers sale. Le trailer de Ouija 2 a fait son petit effet, même si j'ai préféré celui de Split, de M. Night Shyamalan avec James McAvoy interprétant 23 rôles différents.


4) Les films d'animation : le studio Illumination prépare Moi Moche et Méchant 3. Les images de Tous en scène ! (Zootopie meets The Voice) ont emballé la salle. Universal a par ailleurs ajouté que DreamWorks Animation rejoindrait son giron à partir de 2018.



Pour terminer cette belle journée, PATHE a créé la surprise en faisant monter sur scène... Oliver Stone. Venu présenter le trailer de Snowden, le cinéaste a alerté l'auditoire sur les dangers d'internet (pendant que tout le monde le filmait et le photographiait avant de tout balancer sur les réseaux sociaux), dénonçant les pratiques du gouvernement américain et l'aveuglement de ses compatriotes. Un beau moment. 


A photo posted by @cineblogywood on


Puis la bande-annonce de Voyage à travers le cinéma français, le passionnant documentaire de Bertrand Tavernier, a été projetée. 
Les images de Dalida, réalisé par Lisa Azuelos avec Sveva Alviti et Riccardo Scamarcio, m'ont immanquablement fait penser à Cloclo - ce qui n'est pas une critique. Biopic à suivre !
Pour la sortie de Papa ou Maman 2 (nous avions beaucoup aimé le 1), Pathé a dévoilé la bande-annonce et surtout, un petit film tourné exclusivement pour le Congrès des exploitants : dans une loge, Marina Foïs et Laurent Lafitte râlent parce que Pathé veut les obliger à aller aux Congrès. Ils se moquent ensuite des suites tournées par Pathé (Camping, Les Tuche...) avant de dire que "Gaumont, c'est quand même plus classe". Très drôle et ça mériterait de figurer sur le futur DVD, Monsieur Pathé ! Quant à la suite, je l'ai loupée car j'ai dû partir.


Ce premier Showeb (pour moi puisque c'est la 8e édition) a été très réussi. Beaucoup de belles images, souvent inédites. Et découvrir des trailers déjà connus sur grand écran, c'est quand même autre chose. Bravo et merci à Laurent Cotillon, au Film français et à l'agence Casablanca. Cette journée illustre et renforce ce qui nous unit tous, blogueurs et distributeurs : la passion du cinéma.

Anderton


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