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lundi 2 octobre 2017

Message from the king : un polar enragé

En DVD et Blu-ray (le 4 octobre) : Polar violent et stylé, Message from the king déboule dans les bacs. Avec un Chadwick Boseman royal.



Avec seulement 600 dollars en poche et un sac à l'épaule, Jacob King débarque à Los Angeles de son Afrique du Sud natale. Aux douaniers qui l'interrogent, il affirme venir passer quelques jours de vacances. En fait, il vient chercher sa soeur qui l'a appelé à l'aide.
 
Nous suivons la quête d'un homme seul, habité par des souvenirs, rongé par l'inquiétude et l'incompréhension. Un homme un peu paumé dans cette mégalopole étrangère mais dont la détermination s'affirme au fur et à mesure que son "enquête" progresse. Un "sans rien" qui se bat avec les moyens du bord. Chadwick Boseman est impressionnant. Dès les premiers gros plans sur son visage, l'acteur hypnotise. Il rend immédiatement attachant son personnage taiseux, nous faisant ressentir son drame intérieur avant de révéler sa force, sa violence, sa rage. L'interprète du roi du Wakanda dans Black Panther est décidément un acteur à suivre.


 
Sur sa route, Jacob King croise une galerie de personnages, malfrats, politicien véreux, dealer, camés... Teresa Palmer est poignante en mère seule prête à tout pour élever sa fille, Luke Evans est parfait en dentiste inquiétant tandis qu'Alfred Molina compose un répugnant producteur de films. On croise également Tom Felton (Drago Malefoy dans la saga Harry Potter) et Chris Mulkey (le gardien qui brandit un rasoir face à Rambo !), très bons dans leurs petits rôles respectifs. Bourreaux et victimes d'une cité où les anges se brûlent les ailes. L.A. noir, L.A. glauque. Les senteurs de jasmin et d'orangers peinent à masquer les exhalaisons fétides. Comme ton bon polar qui se respecte, Message from the king dépeint une société gangrénée par le mal.
 
C'est un Los Angeles impitoyable que montre Fabrice du Welz. Il le filme à hauteur d'homme, et plus exactement de marcheur. Un comble pour cette ville dessinée par ses boulevards et highways. Mais le cinéaste belge relate le quotidien d'êtres broyés par le système. Esthétique soignée (superbe photo de Monika Lenczewska) pour un récit tendu. Le bonus compris dans l'édition de M6 Vidéo nous apprend que cela faisait dix ans que le script circulait à Hollywood. Du Welz en a tiré le meilleur, signant un western urbain qui peut faire penser à Drive et aux polars de James Ellroy tout en s'inscrivant dans le droit fil du cinéma des années 70. Une sacrée réussite.
 
Anderton
 
 

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