mercredi 24 avril 2013

Cannes 2013 : Kidman, Ang Lee, Auteuil... forces et faiblesses du jury


Artistes : Le jury du Festival de Cannes 2013 a donc été révélé. Le président Steven Spielberg pourra compter sur huit personnalités - quatre hommes, quatre femmes, tous acteurs et/ou réalisateurs, voire producteurs.

Le cinéma hollywoodien comme le cinéma d'auteur seront représentés. A priori, pas de personnalité "forte" (ou caractérielle) mais certainement des professionnels dont la plupart sauront faire entendre leur petite musique face au maestro Spielberg. Plus que des débats passionnés, les échanges pourraient être passionnants. Mais présentons les jurés et leur capacité à affirmer leur position au sein des débats. En toute partialité, avec des arguments qui tiennent plus ou moins la route.



- Ang Lee : la présence du réalisateur taïwanais prouve que Spielberg n'est pas rancunier. Ang Lee a quand même raflé l'Oscar du meilleur réalisateur (pour L'Odyssée de Pi) à la barbe du réalisateur de Lincoln. Intéressant profil que celui d'Ang Lee, qui incarne à la fois le cinéma hollywoodien, le cinéma d'auteur et le cinéma du monde. Doublement oscarisé, apprécié par la critique et fort d'un récent succès populaire avec L'Odyssée de Pi, Ang Lee devrait se sentir à l'aise pour défendre son point de vue. Tout en montrant du respect pour ses compagnons.
Capacité à s'affirmer : 95%

- Lynne Ramsay : la réalisatrice britannique est une habituée de la Croisette, que ce soit en compétition officielle (We Need to Talk about Kevin, 2011) ou dans la section Un certain regard (Ratcatcher, 1999). Deux de ses courts-métrages ont été récompensés à Cannes et un troisième sera en compétition cette année à La Quinzaine des réalisateurs. Bref, Lynne peut se targuer de connaître Cannes- un plus pour peser dans les débats. D'autant que la dame a du caractère : selon Le Monde, elle a quitté "avec fracas le tournage de Jane Got a Gun, un western qu'elle devait diriger aux Etats-Unis". Va pas falloir la chercher.
Capacité à s'affirmer : 95%

- Naomi Kawase : Caméra d'Or en 1997 pour Suzaku et Grand Prix en 2007 pour La Forêt de Mogari, Naomi Kawase peut se targuer d'être une réalisatrice cannoise. La Nippone devrait avoir son mot à dire, en y mettant les formes et sans forcément aller au conflit.
Capacité à s'affirmer : 80%

- Cristian Mungiu : le réalisateur roumain a participé deux fois à la compétition officielle. Il a même reçu la Palme d'or pour sa première venue à Cannes, avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours en 2007. Certainement intimidé par ses prestigieux aînés (Ang Lee et Steven Spielberg), il devrait néanmoins défendre un cinéma d'auteur, exigeant. Jusqu'à l'intransigeance ? Pas forcément mais le Roumain a toute légitimité pour savoir ce qu'est un (bon) film cannois.
Capacité à s'affirmer : 75%

- Christoph Waltz : l'égérie masculine de Quentin Tarantino depuis 2009 reviendra à Cannes avec un grand sourire. Il avait reçu le prix d'interprétation masculine pour Inglorious Basterds puis l'Oscar du meilleur second rôle dans la foulée. Avant de recevoir la même statuette pour sa composition dans Django Unchained. Le bonhomme devrait autant apprécier les films américains que les films du Vieux continent. Sa nonchalance - ou sa coolitude - et l'assurance que lui confère un vedettariat arrivé tardivement devrait l'amener à s'exprimer franchement, sans taper du poing sur la table. Reste que Christoph est un acteur et qu'il aura face à lui au moins deux metteurs en scène avec lesquels il aimerait certainement faire une infidélité à QT. Quitte à ne pas trop se battre pour un film néerlandais.
Capacité à s'affirmer : 70% 

- Daniel Auteuil : l'acteur-réalisateur français, primé à Cannes pour son interprétation dans Le Huitième Jour (1996) aura à coeur de défendre les nombreux films français en compétition.Sera-t-il entendu ? Il y aura possibilité d'alliance avec avec Mungiu et Waltz. Mais un acteur reste un acteur : il n'ira pas se fâcher avec les metteurs en scène. Surtout que Spielberg aime bien les acteurs frenchy.
Capacité à s'affirmer : 65% 

- Nicole Kidman : Cannes, Nicole connaît. En ou hors compét, elle a foulé le tapis rouge pour Moulin Rouge, Dogville, Paperboy et Hemingway & Gellhorn. L'actrice australienne incarne à la fois la fragilité et une force de caractère qu'elle a montré aussi bien face à Tom Cruise que dans sa pub... pour Schweppes. Je la vois mal tenir tête à Spielberg et Ang Lee, sauf à se faire monter le bourrichon par Lynne Ramsay. C'est une actrice !
Capacité à s'affirmer : 60%   

- Vidya Balan : l'actrice bollywoodienne représentera fièrement le cinéma indien, dont le festival célèbrera le centième anniversaire. Possible qu'elle soit impressionnée de se retrouver en si prestigieuse compagnie. Osera-t-elle défendre ses positions ? A l'inverse, piquera-t-elle une crise et dansera-t-elle sur la table comme dans un film made in Bollywood ? Le salut passera-t-il par une alliance féminine (si elle pardonne à Kidman d'avoir mis un vent à un compatriote indien dans sa pub Schweppes) ? Mystère. Suspense.
Capacité à s'affirmer : 50%

Montage photo pécho sur le site officiel du festival de Cannes

Anderton


4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je trouve votre commentaire sur Nicole Kidman totalement irrespectueux et limite misogyne. Pour rappel, elle a travaillé avec Lars Von Trier, Gus Van Sant, Jane Campion, Anthony Minghella, Stanley Kubrick, Alejandro Amenabar, Baz Luhrmann, Lee Daniels, Jonathan Glazer, Stephen Daldry, John Cameron Mitchell, Chan Wook Park, entre autres. Tous ces réalisateurs sont de grands auteurs et tous ont énormément de respect pour elle. Elle a reçu l'Oscar et des douzaines de récompenses. Pourquoi mentionner Tom Cruise? Elle est beaucoup plus respectée que lui dans le milieu du cinéma (il n'a jamais eu de films en sélection au Festival de Cannes, non?) et, je pense, beaucoup plus forte et intelligente dans la manière dont elle mène sa carrière.

Anderton a dit…

Cher/Chère Anonyme,

J'ai l'impression que vous êtes fan de Nicole Kidman et que je vous ai énervé(e). Vous avez lu l'article : je m'amuse à imaginer les caractères de chaque membre du jury en toute partialité. Il n'y a rien de sérieux là-dedans.
Evidemment que Nicole Kidman est une grande actrice. Ses venues à Cannes illustrent sa capacité à jouer dans des films d'auteur. Et, vous m'avez lu trop vite, je mentionne Tom Cruise pour rappeler la force de caractère de Kidman, qui lui a tenu tête et a divorcé.
Enfin, je ne suis pas misogyne lorsque je dis qu'elle est une actrice puisque je dis la même chose de Christoph Waltz, Daniel Auteuil et Vidya Balan, à savoir qu'en tant qu'acteurs, ils risquent de ne pas vouloir trop mécontenter les prestigieux réalisateurs du jury. Ce n'est donc pas misogyne mais totalement gratuit ! Que voulez-vous, j'ai trop lu les commentaires d'Hitchcock sur les comédiens...
Allez, je vous fais la bise.

Anonyme a dit…

Je ne vois pas Nicole Kidman comme quelqu'un de fragile. Elle a tout de même résisté à Lars Von Trier, Jane Campion, Gus Van Sant et d'autres réalisateurs très exigeants. Elle a à l'évidence une grande connaissance du cinéma international. Elle sera, à mon avis, un très bon membre de ce jury.

Anderton a dit…

Et bien, vous avez peut-être raison sa force de caractère. Dans tous les cas, elle sera un très bon membre de jury, comme tous les autres d'ailleurs, j'en suis certain. Car au-delà des qualités et défauts de chacun, tout le monde est porté par le même amour du 7e art. Merci pour l'intérêt que vous portez à nos délires et vive le Festival de Cannes ! Vive le cinéma ! (je me sens gaullien)