lundi 8 avril 2013

Le Rêve italien : 68, Rome ville rebelle


En DVD : "C'est pas 68, année de la jeunesse", faisait remarquer à des hippies brésiliens Hubert Bonisseur de la Bath dans OSS 117 Rio ne répond plus (découvrez notre dossier : trailers, photos exclusives, interview...). Et il se mettait le doigt dans l'oeil (une fois de plus), notre James Bond gaulois. C'est justement l'année où les jeunes du monde entier se sont (r)éveillés, écoeurés par une société figée et une guerre injuste au Vietnam. Dans Le Rêve italien (Il Sogno italiano, 2008), qui sort en vidéo chez Orange Studio, Michele Placido revient sur cette année pleine d'espoirs naïfs, de cruelles désillusions mais aussi de violence et de haine.



Le film se déroule tout au long de cette année rebelle, à Rome. On y suit le parcours de trois jeunes : Laura, fille aînée d'une famille de la bourgeoisie catholique, étudiante modèle qui se laisse séduire par la contestation ; Libero, charismatique leader de la révolte étudiante ; et Luca, un flic qui aurait voulu être acteur et qui se retrouve infiltré au sein de l'Université de La Sapienza occupée. Trois personnages qui vont se rencontrer, s'aimer, se détester, se libérer...

Ultima Dolce Vita

Le réalisateur de Romanzo Criminale s'est largement inspiré de sa propre expérience de jeune policier attiré par les planches et confronté au "mai 68" italien. Ce qui explique pourquoi le film sonne juste. On sent bien poindre ici ou là un peu de nostalgie et de naïveté mais le cinéaste fait surtout preuve de beaucoup de tendresse pour une époque un peu folle où l'on rêvait de la révolution et découvrait l'amour libre. Ce sont les dernières années insouciantes de l'Italie, avant les terribles années de plomb, celles au coeur de Romanzo criminale et L'Ange de la mort, également réalisés par Placido.

Dès le début du film, Placido multiplie les points de vue, avec des courtes séquences qui s'enchaînent, sans lien apparent. On en est un peu déconcerté mais ce choix contribue à installer l'histoire et les personnages, tout en illustrant l'effervescence de l'époque. La reconstitution de la Rome de 1968 est soignée : dans les décors et les costumes, jusque dans la B.O.

Et Le Rêve italien est portée par un trio de brillants acteurs : Riccardo Scamarcio - et non Scarmacio comme indiqué sur la jaquette du DVD (sic) - déjà apprécié dans Romanzo Criminale et Le Premier qui l'a dit ; Jasmine Trinca (L'Apollonide) et Luca Argentero (Mange Prie Aime, Le Guetteur), qui prouve qu'on peut devenir excellent comédien en sortant du Loft Story transalpin. Ils rendent leurs personnages attachants et nous emportent dans leurs passions. Le reste du casting est à l'avenant - on a d'ailleurs plaisir à retrouver la magnifique Laura Morante.

Dommage, pas de bonus (hormis la bande-annonce) pour accompagner le film : une interview de Michele Placido aurait pourtant éclairé l'oeuvre. Mais celle-ci a suffisamment d'intérêt pour que l'achat du DVd se suffise à lui-même.

Anderton

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