Dossier

mardi 10 février 2015

Cinquante nuances de Grey : j'ai craqué !

 
En salles : Je m’étais pourtant jurée de ne pas craquer. Et puis, à quelques jours de la sortie du film, je me suis décidée à emprunter le bouquin à une amie... et j’ai passé deux jours avec Christian Grey. Ou plutôt deux nuits. Enfin, façon de parler, vous l'aviez compris, j'ai enfin lu Cinquante Nuances de Grey (Fifty Shades of Grey).
 
Parce que quand même la curiosité était trop forte et il fallait que je sache ce qui pouvait tellement mettre les ménagères en émoi dans ce bouquin. Et surtout, je voulais pouvoir comparer avant d'aller voir le film qui sort mercredi en salle.
 

 
Et bien, je suis très déçue. Pas de quoi fouetter un chat ou plutôt une jeune pucelle intimidée. Ou alors, juste un peu. Beaucoup de clichés vus et revus dans cette histoire. J'ai eu l'impression de lire Pretty woman version érotique. La vierge timide et maladroite qui rencontre le bel homme ténébreux richissime et autoritaire. Toutes les femmes se pâment devant lui et convoitent le milliardaire célibataire. Tiens ça me rappelle Bruce Wayne. Sauf qu'à ma connaissance, Batman n'a pas de déviance sexuelle sado-maso.
 
Soumise et maîtresse
 
D'ailleurs parlons-en, elles sont où toutes les scènes torrides dans la chambre secrète ?  Deux seulement ? Tout le reste, finalement n'a rien de très exceptionnel, ni très tabou : la baignoire, le bureau, la chambre d'hôtel, la douche. Ok. C'est direct, cru et sans originalité. Dans ce jeu du chat et de la souris, compte surtout la manipulation psychologique exercée par Christian sur Anastasia. A moins que ce ne soit l'inverse. Posséder, être possédé(e).
 
Car le contrat établi entre les deux parties reste le plus intéressant. Très bien expliqué dans le roman et énuméré à plusieurs reprises, pour qu'on comprenne bien les limites à ne pas dépasser. Tiens, intéressant, dans le statut soumise-dominant, la soumise est finalement maîtresse dans ce jeu de rôle. Alors qui aura le dernier mot ? Qui sera la victime, qui sera le bourreau ? Et bien on ne saura pas et ça se termine en eau de boudin après presque 700 pages ! Chouette parce qu'il y a une suite en plus ?  Ah non, deux ?
 
Du coup, je m'interroge sur la manière dont le réalisateur va tourner ça. J'imagine très bien le plan du pauvre garçon adopté, traumatisé, beau comme un dieu, torse et pieds nus, jouant une musique mélancolique au piano, elle arrivant lentement vers lui, enroulée dans son drap de satin... après une nuit sulfureuse. Séquence "je récupère de toutes mes émotions charnelles" et "je t’en mets plein la vue parce que en plus d’être beau, riche et intelligent,  je suis une bête de sexe et je joue du piano depuis l’âge de six ans !" Comme si ça pouvait exister ça dans la vie !  C’est Disney interdit pour les moins de 20 ans !
 
Sans les yeux
 
Bon, j'arrête de me moquer et je vais laisser une chance à ce film... de surpasser le livre. Car on parle bien d'érotisme là ? Sinon, on classe X le bouquin et le film puis on arrête de nous vendre ce film pour la Saint Valentin ! Moi, si j'étais réalisateur et que je voulais faire un film vraiment érotique, je ferais un film sans images et je ferais distribuer à l'entrée de chaque projection un masque de sommeil pour ne rien voir, juste pour  écouter. Ah ben, ce serait de la radio alors !
 
Car rien n'est plus érotique que la suggestion. Rien n'est plus troublant que de deviner et laisser son imagination vagabonder (d'ailleurs, on a inventé des restos dans le noir). Mais alors il faudrait une bande son qui soit à la hauteur. Ca, ça serait hot ! Je ne sais pas peut-être que l'idée pourrait nous mener jusqu'à Cannes et pourquoi pas Los Angeles...
 
En attendant, je vais oublier ce bouquin vite fait avant d'aller voir le film et je vous ferai part de mes émotions... sauf si elles sont inavouables, bien sûr ! Sinon, pour "lâcher prise", je voulais vous dire, y a aussi le yoga, c'est efficace et ca rend souple ! Ok j’arrête !
 
Mrs Peel
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