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jeudi 5 mars 2015

7 Boxes : Le Transporteur à la paraguayenne





En DVD : Dans sa collection Polars du monde, TF1 Vidéo nous propose deux inédits : Pas de répit pour les salauds, dont nous vous avons déjà dit le plus grand bien, et 7 Boxes (7 Cajas, 2012), un thriller étonnant venu du Paraguay.


Etonnant car le film de Juan Carlos Maneglia et Tana Schembori a pour héros un transporteur bien particulier : un ado qui, en échange d'un peu d'argent, effectue des livraisons sur un gigantesque marché. Oubliez le bolide Jason Statham : Victor réalise ses missions... à l'aide d'une brouette, comme tous ses homologues. Un employé de boucherie lui propose un jour d'aller livrer sept boîtes, dont il ne connaît pas le contenu. Son salaire : la moitié d'un billet de 100 dollars US - une fortune ! L'autre moitié, il l'obtiendra à la remise de la cargaison. Forcément, cet argent suscite des convoîtises. Victor va devoir échapper à d'autres livreurs prêts à tout pour récupérer les caisses...

En faire des caisses


Des courses-poursuites de brouettes dans le labyrinthe d'un immense marché bondé le jour et désert la nuit... voici ce que nous proposent les deux cinéastes, en multipliant les effets de caméras dans le cadre d'une mise en scène nerveuse. Quitte à abuser parfois de la caméra subjective. C'est speed, très speed, même si paradoxalement le film connaît quelques longueurs entre deux cavalcades. Mais pas au point de gâcher le plaisir. Il y a une énergie et une naïveté dans 7 Boxes qui sont tout à fait réjouissantes.


Et puis le film nous permet d'entrer dans un monde méconnu : celui de ce petit peuple du marché - commerçants, flics, immigrés coréens et transporteurs. La plupart parle un argot mêlé d'espagnol et de guarani - quasi impossible à comprendre, même pour les hispanophones avertis. La misère et la violence sont au rendez-vous mais elles sont filmées sans complaisance ni apitoiement. D'ailleurs, l'humour affleure en permanence. Bref, c'est tout un pan de la vie au Paraguay qui se révèle à travers ce polar dont les petites imperfections ne sauraient cacher l'originalité. 

Anderton




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