Dossier

mardi 3 mars 2015

Spartacus et Cassandra : trois raisons d'aller en salles

 
En salles : Trois raison d’aller voir Spartacus et Cassandra, le premier long métrage de Ioanis Nuguet.

1) Le geste politique : un soutien à une population discriminée
Les enquêtes d’opinion sont très claires (lire
l'article de rue89) : les Roms sont aujourd’hui la communauté la plus victime de racisme et de discrimination en France. Et le film sert d’abord à ça : montrer que les Roms sont "comme les autres". A casser les préjugés. Rien que pour ça, le film mérite d’être soutenu. On était moins de dix, dans la salle. Allez-y !
 

2) Des personnages très attachants : Spartacus, Cassandra, et Camille
Spartacus et Cassandra, magnifiques yeux gris-bleus tous les deux, sont des enfants. Mais (attention, expression éculée !), ils ont grandi très vite. Trop vite. Vivant dans la rue avec leurs parents, un père alcoolique, et une mère un peu folle, ils ont été recueillis par Camille, une jeune trapéziste qui a fait monter un chapiteau à Saint-Denis, où se retrouve toute une faune artisto-babos-alter. Spartacus, a pris bien vite l’accent caillera des jeunes dionysiens. Franc, regard droit, avec une gouaille de gavroche, c’est un petit d’homme admirable, très protecteur avec sa sœur. Cassandra, elle, est prise en tenaille entre le chantage affectif de ses parents, et sa volonté de s’en sortir, de vivre mieux, d’être heureuse. D’avoir la vie normale d’une petite fille de son âge, en somme. Quant à Camille, c’est une très jeune femme (21 ans), à peine adulte, un peu saltimbanque, qui prend sous son aile ces deux jeunes poussins tombés du lit. Sans même avoir de certitudes sur son propre avenir... Rien que pour les rencontrer, tous les trois : Allez-y !


3) Une vraie proposition artistique
C’est le premier long métrage de Ioanis Nuguet, précédemment chef monteur, et directeur de la photographie. Dans son film, qui navigue entre documentaire et conte, Nuguet insuffle une vraie poésie, notamment  sa manière de filmer la nature, les arbres, l’eau. Et même si, pour être honnête, ça nuit parfois (un peu) au récit, ce regard poétique fait de Cassandra et Spartacus une vraie proposition artistique, en plus d’être un film politique. Rien que pour ça : allez-y !
 
Fred Fenster
 
 

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