Dossier

vendredi 30 décembre 2016

2016 : Top 10 des scènes marquantes

Buzz : Avant le Top 10 de mes films préférés, voici les 10 scènes qui m’ont le plus marqué cette année. En toute subjectivité, bien sûr. 



1) Carol, Todd Haynes
La scène de fin, chorégraphiée à la perfection, électrisante d’émotion. Therese (Rooney Mara) se rapproche doucement, dans une salle de restaurant immense et bondée, de sa maîtresse, Carol (Cate Blanchett), attablée avec des amis. Leurs regards se nouent, Therese sourit et le visage de Carol s’éclaire. Frissons.


2) Manchester by the sea, Kenneth Lonergan
Lee (Casey Affleck) rencontre Randi (Michelle Williams), son ex-femme, dans les rues de Manchester by the sea. Entre eux, un drame atroce, une culpabilité immense, et un amour autant inextinguible qu’irrémédiablement impossible. Déchirant.


3) La Relève, histoire d’une création, Thierry Demaizière et Alban Teurlai
Une scène clippée, dans laquelle on voit les danseurs de l’opéra de Paris répéter le spectacle que Benjamin Millepied est en train de monter. Ce ne sont pas des étoiles ; comme le dit son collaborateur à Millepied, ils sont "la relève". Les danseurs au travail, les gestes mille fois répétés, les magnifiques studios de répétition de l’Opéra de Paris dans lesquels pénètre la belle lumière parisienne, la musique géniale d’Avia. Sublime.


4) Moi, Daniel Blake, Ken Loach
A la toute fin du film, pendant la cérémonie pour la mort de Daniel, Katie (Hayley Squires) lit le message que Daniel voulait transmettre au tribunal chargé de statuer sur sa situation, pour sa défense. Une lettre qui se termine par ces mots : "My name is Daniel Blake, I am a man, not a dog. As such I demand my rights. I demand you treat me with respect. I, Daniel Blake, am a citizen, nothing more, nothing less." Emouvant.

5) Divines, Houda Benyamina 
Djigui (Kevin Mischel) poursuit Dounia (Oulaya Amamra) sur une coursive suspendue, dans les hauteurs d’un théâtre. Drôle d’endroit pour une rencontre. Djigui a le vertige, il glisse, se rattrape de justesse et se retrouve suspendu dans le vide. Dounia revient sur ses pas, et l’aide à se redresser. Coup de foudre. Electrisant.

6) Spotlight, Tom Mc Carthy
Walter Robinson (Michael Keaton) refuse de publier le papier de Michael Rezendes (Mark Ruffalo), sur des faits de pédophilie dans l’église de Boston. Celui-ci, convaincu que le papier doit sortir très vite, pour éviter qu’il y ait d’autres victimes, ou que d’autres journaux publient cette histoire, entre dans une colère noire. Explosif.


7) Ce sentiment de l’été, Mikhaël Hers 
Un été, Sasha meurt soudainement. Sa sœur Zoé (Judith Chemla) se rapproche de Lawrence (Anders Danielsen Lie), le mec de sa sœur, qu’elle connaissait assez peu. Ils se voient assez régulièrement, dans différentes villes, souvent pendant l’été, la saison où Sasha a disparu. Cette fois, c’est à New York, et Zoé et Lawrence se retrouvent au concert de Mac de Marco. Lawrence et une jeune femme se rapprochent. D’un regard, Zoé donne alors son assentiment silencieux à Lawrence, comme si elle lui disait: "Oui, ok, vas-y. Tu peux aimer à nouveau". Comme dans tout le film, l’émotion est rentrée, retenue, et c’est magnifique. Sensible.

8) Carol, Todd Haynes
Dans un cabinet d’avocats, Carol (Cate Blanchett) et son mari, Harge (Kyle Chandler), s’affrontent, autour de la garde de leur fille. Carol propose finalement à Harge une offre, et termine par ces mots : "I won’t, I cannot negotiate anymore. You take it or leave it. But if you leave it, we go to court. And if we go to court, it’ll get ugly. And we’re not ugly people, Harge". Bouleversant.


9) Room, Lenny Abrahamson
Jack (Jacob Tremblay), 5 ans, s’échappe de la room, cette pièce dans lequel il a passé toute sa vie, dans le film éponyme, en se faisant passer pour mort. A l’arrière du pick up de "Old Nick", il se dégage du tapis dans lequel il est enroulé, et voit le ciel, et le monde, pour la première fois (2'41). Ebloui, et terrifié. Lumineux.


10) Toni Erdmann, Maren Ade
Pour remercier une "amie" roumaine de l’avoir invité dans sa famille, Winfried Conrad/Toni Erdmann (Peter Simonischek) demande à sa fille Inès (Sandra Hüller), de chanter The Greatest love of all, la chanson de Whitney Houston. Inès démarre presque timidement, et monte en puissance, pour terminer survoltée, enragée. Sandra Hüller est incroyable d’intensité, d’émotion et de colère. Intense.


Aurait également pu figurer dans ce palmarès, dans le désordre : la leçon de natation dans L’effet aquatique (Solveig Anspach) ; la chanson de Noël des immigrés irlandais, dans Brooklyn (John Crowley et Paul Tsan) ; L’attaque des zombies sur le train dans Dernier train pour Busan (Sang-Ho Yeon) ; les retrouvailles entre Willy et Esther, dans Les premiers les derniers (Bouli Lanners) ; le coup de fil de Depardieu et Poelvoorde à "ma douce" dans Saint-Amour (Benoît Delépine et Gustave Kervern) ; les tous derniers instants de Simon, avant qu’on arrête son cœur dans Réparer les vivants (Katell Quillévéré).

Fred Fenster

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