Dossier

samedi 17 décembre 2016

Rogue One A Star Wars Story : le film coffre à jouets

En salles : Quand Disney a racheté Lucasfilm, on a vite compris qu’il ne se contenterait pas de du petit rythme de George Lucas sur les 30 dernières années. Le modèle Marvel ayant fait ses preuves, un film par an semblait le grand minimum. Un rythme impossible à tenir en s’en tenant à la saga principale, d’où l’idée d’alterner celle-ci avec des "spin-off" qui s’intéresseront à d’autres personnages  que la famille Skywalker.


Voici donc le premier épisode de Star Wars qui ne porte pas de numéro et qui n’a pas le droit à son texte défilant en guise d’introduction. Rogue One A Star Wars Story se déroule dans les quelques temps qui précèdent l’épisode 4  et raconte comment les plans de la première étoile de la mort ont été volés par de valeureux rebelles. Une histoire finalement intimiste, sur une bande de guerriers aux charismes impeccables mais aux destinés plus étroites que celles des héros de la saga principale.



Guerre et fans

Rogue One reste fidèle à l’univers Star Wars mais s’inscrit plus directement dans le genre cinématographique du film de guerre. Il fera obligatoirement penser aux Douze salopards, mais s’inspire également beaucoup d’un film comme Il Faut sauver le Soldat Ryan de Steven Spielberg dans sa dernière demi-heure, absolument brillante.

Le film donne également aux fans de la franchise un fabuleux voyage vers ses origines. Ce qu’on appelle aujourd’hui le Fan Service est ici à son apogée avec le retour de personnages mythiques comme Dark Vador et le Grand Moff Tarkin, mais aussi pour les cinéphiles le plaisir coupable de revoir Peter Cushing sur grand écran plus de 20 ans après sa mort. De quoi émouvoir les plus cyniques d’entre nous.

Visuellement le film est régulièrement époustouflant. Dans l’espace, dans les airs ou sur terre... par ses décors aussi variés qu’inspirés, Gareth Edwards impressionne et délivrent certaines des meilleures scènes d’action jamais vu jusqu’à présent dans un Star Wars.

Souffle court et beau rôle

Pourtant le film n’est pas dénué de défauts, un premier tiers poussif, une succession de situations et de lieux qui défilent très… trop vite pour nous permettre d’en profiter pleinement. Mais aussi des personnages qui apparaissent et disparaissent trop rapidement pour réellement susciter une réelle émotion. La musique est également un cran en dessous de ce à quoi nous a habitués Star Wars. La partition de Michael Giacchino, pourtant une référence du genre, n’égale jamais celle de son illustre prédécesseur. Rogue One vient nous rappeler que si Hollywood ne manque pas de grands compositeurs, elle ne compte qu’un tout petit nombre de maîtres.

Malgré ses prouesses visuelles et techniques, le film ne parvient pas complètement à saisir le souffle épique du reste de la saga. Un sentiment difficile à expliquer, qui tient peut-être de l’absence de l’aspect mystique que l’on aime tant dans Star Wars ou peut-être à tout autre chose...

On a beaucoup reproché à J.J. Abrams de n’avoir pris aucun risque avec son épisode 7 et on entend déjà dire que ce Rogue One est un film  beaucoup plus courageux. Et pourtant on peut se demander qui a eu le bon rôle. Entre un Abrams qui se devait de faire entrer la saga dans une nouvelle ère avec de nouveaux personnages tout en s’appuyant sur des acteurs et personnages vénérés par le public et les fans mais ayant également terriblement vieilli. Ou un Gareth Edwards qui a pu ouvrir le coffre à jouets favori de la plupart des geeks de la planète et s’amuser avec l’étoile de la mort, Dark Vador et tant d’autres références du genre. 

Oui, Rogue One est une œuvre plus facile à appréhender que ne l’était le Réveil de la Force et aussi plus facile à apprécier. Mais lequel de ces deux films résistera le mieux à l’épreuve du temps ? C’est encore un peu tôt pour le dire.

L'Oncle Owen


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