DOSSIER

15 octobre 2007

Shaun of the skinheads

En salles. Shaun a 12 ans. Il s'habille comme un sac, a perdu son père et a une mère dotée d'une moumoute affreuse. Il est donc la risée de tous ses camarades. Heureusement, les vacances approchent et Shaun va se faire plein d'amis chez les skinheads. Ces gaillards chaussés de Doc Martens savent s'amuser: ils boivent, fument, embrassent des filles. S'ils sont violents, c'est parce qu'ils sont au chômage. S'ils sont au chômage, c'est parce que Mme Tatcher. Shaun les aime bien. Alors il se fait raser la tête. Et tatoué. C'est devenu un vrai dur ! Pourtant, il se rend compte qu'il ne suffit pas d'avoir un revers à son jean pour être un homme, que c'est pas celui qui gueule le plus fort qui a forcément raison. Shaun est donc toujours habillé comme un sac mais en plus il a l'air con. Et il vient d'avoir 13 ans.
Traitement authentique.
Résumer This is England (dont vous trouverez la bande-annonce ici) de cette façon ne reflète que partiellement l'apreté du climat social que le film dépeint: guerre, chômage, pauvreté. Démontrer qu'un tel contexte est le terreau de tous les extrêmismes était sans doute une chose aisée. Mais Shane Meadows, le réalisateur, est parti de sa propre expérience et ça se sent. Le récit de cet enrôlement adolescent au sein d'un groupuscule skinhead y gagne en authenticité, en intensité. D'autant que les deux acteurs principaux, le jeune Thomas Turgoose et le déjà expérimenté Stephen Graham (Vu dans Snatch ou Gangs of New York), sont incroyables: on est suspendu à leurs lèvres du début à la fin.
Traitement subtil.
L'intention de Shane (dixit lui-même) était de "présenter les skinhead autrement", autrement que des brutes nationalistes la lippe baveuse et au cerveau en veille. Même si l'objectif ne semble pas parfaitement atteint, le film a le mérite de tenter la subtilité en inscrivant la dérive de la frange ultra-nationaliste du mouvement dans son contexte social: l'Angleterre des années 80.
Mon conseil: Les amateurs de récit didactique (et juste) sur fond de misère sociale apprécieront. Les autres moins.
Sentenza (Hasta la vista)

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