dimanche 26 mai 2013

Cannes 1982 : avec E.T., Spielberg bouleverse les festivaliers


Buzz : Dernier jour du Festival de Cannes 2013. Dans quelques heures, Steven Spielberg annoncera le palmarès et la fameuse Palme d'or. Il se souviendra certainement d'un autre dernier jour de festival. Celui de l'édition 1982. Le mercredi 26 mai 1982, pour être précis. Le cinéaste y présente alors, hors compétition, un de ses films les plus personnels et un de ses futurs plus grands succès au box-office : E.T. Avant de conquérir le public du monde entier, le film bouleverse les festivaliers. Anecdotes et témoignages.



Vieux briscards en larmes

"C’était la dernière projection de l’ancien palais, se souvient Gilles Jacob dans un entretien accordé à Cineblogywood. La salle était pleine. J’étais très anxieux de savoir ce que les journalistes allaient dire puisque c’était un film à la Spielberg, c’est-à-dire de divertissement, qu’on aurait même pu considérer comme 'gentil'. Et en fait, les critiques ont adoré et les vieux briscards avaient la larme à l’œil." Et "Citizen Cannes d'ajouter : "Spielberg, il sait faire". 

Journaliste au Figaro, Eric Neuhoff a évoqué cette fameuse ultime projection de 8h30 dans sa chronique vidéo Neuhoff fait son cinéma du 17 mai dernier : "Tout le monde était fatigué, tout le monde traînait des pieds pour aller voir un film de science-fiction. Et deux heures après, tout le monde était debout dans la salle, les larmes aux yeux, en train d'applaudir".

Amour et Holiday Inn

Lors de la conférence de presse qui suit, Spielberg "est très applaudi, un peu acclamé", écrit Tony Crawley dans L'Aventure Spielberg, publié en France aux éditions Pygmalion, en 1984. Au journaliste qui lui demande comment a été fait E.T. [l'animation de l'extra-terrestre représente alors le summum en matière d'effets spéciaux], le cinéaste répond malicieusement : "E.T. a été fait avec amour !" La personne qui dirige les débats insiste. Spielberg ajoute alors : "[E.T.] a été fait avec amour par nous tous et guidé par un homme qui s'appelle Carlo Rambaldi". L'homme en question avait déjà réalisé les créatures de Rencontres du Troisième Type (Close Encounters of the Third Kind) et travaillé à celles de King Kong (le remake des années 1970) et d'Alien.


Steven Spielberg, à Cannes, en 1982. A sa gauche : Melissa Mathison, scénariste et coproductrice d'E.T.,
et Kathleen Kennedy, coproductrice (aujourd'hui, présidente de Lucasfilm).

Lors de cette conférence de presse relatée par Crawley, un journaliste demande où se trouve désormais E.T. "A la maison !, répond Spielberg, avec allégresse. Je fais preuve d'un optimisme un peu enfantin... je suis plutôt sentimental. Mais pour moi, pour tous ceux qui ont travaillé sur le film - et, je l'espère, pour tous ceux qui aimeront le film - il n'est pas dans une caisse, quelque part dans un magasin d'accessoires. Il est... à la maison."

"Quand avez-vous perdu votre innocence ?", enchaîne un autre média. "Comment puis-je répondre à une telle question ?", s'écrie Spielberg. Puis, après une pause : "C'était dans un motel, le Holiday Inn (rires). Avec une créature extra-terrestre !" On comprend mieux d'où vient la magic touch du cinéaste !

Plus tard, lors de ce dernier jour de festival, la projection de gala donnera lieu aux mêmes acclamations et à une longue standing ovation. Le succès d'E.T. est lancé. Cela s'est passé à Cannes, en 1982. 

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Anderton

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