Dossier

lundi 11 mai 2015

Cold in July : welcome back to the 80's, Haters !


En DVD et Blu-ray : Qu'attend-on d'un polar ? Qu'il suive des codes propres au genre et qu'il nous surprenne en les détournant. Pari réussi pour Cold in July qui est sorti en vidéo chez Wild Side, un an après sa présentation à Cannes, à La Quinzaine des Réalisateurs.
 
L'histoire se déroule à la fin des années 80. Une famille est réveillée par des bruits dans son living-room. Le mari sort fébrilement son flingue, surprend l'intrus et presse la gâchette accidentellement. Il a beau être Texan, il n'est pas fier d'avoir tué un homme, Richard. D'autant que le père du type abattu est sorti de taule et vient proférer des menaces à peine voilées à l'encontre du justicier malgré lui.
 
Jusqu'à là, on est dans un récit presque classique. Et on se dit que l'on va mater une variation des Nerfs à Vif de Martin Scorsese. Ce qui n'est pas pour nous déplaire car Jim Mickle, le réalisateur, sait créer la tension et faire monter la pression. Et c'est là que la voie apparemment toute tracée déraille - au sens propre puisque le retournement intervient sur une voie ferrée. Le film prend une autre tournure, surprenante, dérangeante, exaltante !
 
Vets are back
 
En dire plus serait criminel. L'hommage au cinéma de genre des années 80 est appuyé, dans la réalisation et la musique, toutes deux influencées par les œuvres de John Carpenter, mais aussi dans le choix des acteurs. Deux vétérans, stars des 80's, sont au générique. Le premier, c'est Sam Shepard : il y a trente ans, il incarnait la figure de l'acteur beau gosse et exigent, voire intello, à l'instar de Leonardo DiCaprio ou Brad Pitt aujourd'hui. Il interprète ici le père sorti de prison, un bad guy non dénué de principes moraux. Et pour l'occasion, Shepard ne cherche pas à cacher ses rides ou son bide. L'autre légende, c'est Don Johnson, l'un des flics à Miami, qui joue un détective privé texan dans toute sa splendeur. Coolitude et badasserie en prime.
 
Face aux papys bien conservés, le "p'tit jeune" Michael C. Hall interprète avec beaucoup de justesse un père de famille dépassé par les événements et embarqué dans une sale histoire qui va le révéler. A la dure. Certains spectateurs et critiques de films ont trouvé que Jim Mickle en faisait trop dans la référence aux années "coupe mulet et rock FM". Personnellement, je ne trouve pas. Le cinéaste a su redonner vie à une époque redevenue à la mode (pas de nostalgie dans mes propos de vieux con), sans en faire des tonnes sur les cassettes VHS ou les téléphones portables associés à une batterie grosse comme une valise. Oui, il y a hommage à Carpenter et aux films de genre (action ou horreur) de ces années-là mais jamais au détriment du récit ou des personnages. L'humour n'est d'ailleurs pas absent. Et il nous tient en haleine jusqu'à un final bien sanglant. Haters gonna hate, kiffers gonna kiff.
 
Anderton
 
 
 

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